Les premiers volontaires britanniques ont reçu un vaccin contre la grippe aviaire H5N1 dans le cadre d’un essai visant à se préparer à une éventuelle pandémie grippale.
Les premiers participants au Royaume‑Uni ont reçu un vaccin expérimental conçu pour protéger contre la grippe aviaire H5N1, une souche que les scientifiques surveillent en raison de son potentiel à déclencher une future pandémie.
Le vaccin cible un virus qui a touché des populations d’oiseaux dans le monde entier et qui a également été détecté chez certains mammifères. Les autorités sanitaires britanniques indiquent que le risque pour les humains reste faible, la quasi‑totalité des infections humaines étant liée au contact étroit avec des animaux infectés plutôt qu’à une transmission entre personnes.
L’essai cible les personnes considérées comme les plus à risque, notamment les travailleurs de la filière avicole et les adultes de plus de 65 ans. Il devrait inscrire 4,000 volontaires, dont les trois quarts recrutés sur 26 sites en Angleterre et en Écosse et le reste aux États‑Unis.
Clare Howard, une éleveuse de poulets du Hampshire, faisait partie des premières personnes vaccinées lors d’une clinique à Southampton. « It was quite easy and it could be something that ultimately proves incredibly important, » a‑t‑elle déclaré.
Cette injection utilise la technologie ARNm, la même plateforme employée pour les vaccins Covid largement déployés. Les chercheurs affirment que cette approche pourrait permettre de produire et d’ajuster un vaccin plus rapidement si le virus évoluait d’une manière rendant une transmission importante entre humains plus probable.
Dr Rebecca Clark, coordinatrice nationale de l’essai, a déclaré que le H5N1 « était en train d’évoluer et de se propager entre les espèces animales » et que la transmission d’humain à humain devait être considérée comme une possibilité réelle même si, pour l’heure, le virus ne circule pas facilement entre personnes.
L’étude évaluera si le vaccin est sûr et s’il induit une forte réponse immunitaire. Si ces résultats sont positifs, le vaccin pourrait ensuite être homologué pour une utilisation si nécessaire.
Depuis 2024, 116 cas humains confirmés ont été recensés dans le monde, presque tous liés au contact avec des animaux infectés. Depuis 2003, environ 1,000 cas humains confirmés ont été signalés à la World Health Organization, près de la moitié ayant été mortels, bien qu’une souche plus récente circulant aux United States ait été associée à des symptômes plus légers, notamment une inflammation oculaire.
La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations finance l’essai à hauteur de £40m. Dans le cadre de l’accord, Moderna s’est engagée à fournir rapidement et à prix abordable des doses aux pays à revenu faible et intermédiaire si une future pandémie nécessitait l’utilisation du vaccin.
Si nécessaire, le vaccin serait fabriqué à l’usine de Moderna à Harwell, dans l’Oxfordshire, qui produit actuellement des vaccins Covid pour le Royaume‑Uni. L’installation peut produire 100 million de doses de vaccin par an, avec une capacité pouvant atteindre 250 million de doses en cas de pandémie.
Pour l’instant, les questions centrales sont de savoir si le vaccin s’avère sûr, s’il génère une forte protection chez les volontaires et si le H5N1 évolue d’une manière qui augmente la menace pour les humains.
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