Des spécialistes américains des maladies infectieuses estiment que le risque qu’Ebola soit lié à la Coupe du monde est extrêmement faible, mais les hôpitaux et les agences ont renforcé leur préparation depuis 2014.
La probabilité qu’Ebola atteigne un site de la Coupe du monde aux États‑Unis est extrêmement faible, disent des spécialistes des maladies infectieuses, mais les hôpitaux et les autorités de santé publique se préparent à cette éventualité alors que le tournoi attire un grand nombre de fans à travers l’Amérique du Nord.
La préoccupation n’est pas qu’Ebola soit susceptible de se propager dans les foules des stades. Des experts cités par Al Jazeera affirment que le risque est faible parce qu’Ebola n’est pas aéroporté et nécessite un contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade. Mais la flambée en Democratic Republic of the Congo, où plus de 675 infections et plus de 135 décès ont été signalés, maintient la maladie sur les listes de préparation des villes hôtes.
« The risk of Ebola to anyone at the World Cup is extremely low. Ebola isn’t airborne and doesn’t spread through casual contact – it requires direct contact with the body fluids of someone who is ill, » a déclaré le Dr Tom Frieden, chief executive of Resolve to Save Lives et ancien directeur des US Centers for Disease Control and Prevention. « But low isn’t zero, and it won’t be zero until the outbreak is stopped at its source in DRC. »
La Coupe du monde, qui a commencé la semaine dernière, se joue aux États‑Unis, au Mexique et au Canada avec 48 équipes et 104 matchs. Les estimations de l’augmentation des déplacements varient selon les sources : la planification en santé publique citée par Al Jazeera fait état de 6,5 millions de fans se déplaçant à travers l’Amérique du Nord pendant les 39 jours de l’événement, tandis qu’un scénario de Deutsche Bank cité par CNBC modélisait 1,2 million de fans internationaux. Le défi pratique pour les responsables de la santé est le même : de grandes foules mobiles exigent une détection rapide et une coordination si des maladies inhabituelles apparaissent.
Le CDC, la Pan American Health Organization et la World Health Organization ont tous décrit le risque d’Ebola pour les pays hôtes comme faible. Ils ont plutôt pointé des maladies qui se propagent plus facilement dans les foules, notamment la rougeole, la COVID‑19 et l’influenza, comme des menaces sanitaires publiques plus probables durant le tournoi.
La préparation des États‑Unis face à Ebola a considérablement changé depuis la flambée en Afrique de l’Ouest en 2014, lorsque Thomas Eric Duncan, un Libérien présentant des symptômes d’Ebola, s’était vu refuser l’admission dans un hôpital de Dallas avant d’y être admis plus tard. Deux infirmières avaient été infectées et ont survécu. Après cet épisode, les États‑Unis ont investi $260 million dans la formation et les capacités de réponse à Ebola et ont développé 13 centres de traitement spécialisés pour aider à identifier, isoler et soigner en toute sécurité les patients suspects.
« We’re not going to be able to prevent 100% of infections, but we certainly are the most prepared that we have ever been, » a déclaré le Dr Gavin Harris, un expert des maladies contagieuses graves à Emory University à Atlanta, l’une des villes hôtes américaines.
Les travaux de préparation pour le tournoi ont inclus des exercices nationaux de formation basés sur une éventuelle flambée de MERS lors des matchs, des directives pour les médecins sur des maladies pouvant être moins familières dans leurs villes, et la planification autour des maladies transmises par les moustiques telles que le paludisme, la dengue et le chikungunya. FIFA a indiqué que les risques médicaux font partie de la planification générale du tournoi et sont gérés avec les villes hôtes, qui fournissent des responsables médicaux pour coordonner les services.
Les États‑Unis, le Mexique et le Canada ont également imposé un dépistage aéroportuaire et des restrictions de voyage pour les non‑citoyens ayant récemment voyagé dans des pays touchés par la flambée d’Ebola. Pour se conformer aux restrictions américaines, l’équipe nationale de football de la DRC a quitté le pays en mai et s’est entraînée en Belgique avant de voyager aux États‑Unis.
Des comités médicaux locaux impliquant la FIFA, des responsables de la santé publique et des systèmes hospitaliers ont évalué les risques en fonction des équipes qui jouent dans chaque ville, des profils de maladies dans les pays d’origine de ces équipes, des restrictions de visa et de la logistique des stades. Certaines zones ont envisagé de placer des traitements spécifiques aux maladies ou du matériel de protection près des sites et d’utiliser des outils tels que la surveillance des eaux usées, les données de qualité de l’air et les dossiers médicaux électroniques pour détecter des grappes inhabituelles de maladies.
Georgetown University a aussi établi un Health Security Operations Center indépendant avec plus de 30 partenaires publics et privés. Plus de 700 autorités sanitaires étatiques et locales, environ 60 partenaires fédéraux, FIFA et le CDC se sont inscrits à ses rapports quotidiens, selon le reportage d’Al Jazeera.
Cependant, plusieurs experts ont averti que la préparation est mise à l’épreuve par des tensions plus larges sur le système de santé publique américain, notamment des réductions d’effectifs au CDC, le départ des États‑Unis de la WHO et la pression sur les départements de santé des États et des collectivités locales qui répondent à la plus grande flambée de rougeole du pays depuis des décennies. Le US Department of Health and Human Services, qui supervise le CDC, n’a pas répondu à la demande de commentaire d’Al Jazeera.
Pour l’instant, le message officiel est qu’il est peu probable qu’Ebola constitue une menace pour les spectateurs de la Coupe du monde. La prochaine épreuve sera de voir si les systèmes de surveillance et les équipes locales de santé peuvent agir rapidement si un cas suspect ou un autre signal de maladie infectieuse apparaît pendant le tournoi.
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