Les autorités de santé procèdent à la recherche et à l’isolement de passagers du MV Hondius après une éclosion de hantavirus liée au navire de croisière, qui a fait trois morts et ravivé l’inquiétude du public face aux menaces de maladies infectieuses.
L’inquiétude est réelle pour les personnes qui étaient à bord du navire ou qui ont eu des contacts étroits avec des passagers, mais les responsables ont jusqu’ici tracé une ligne claire entre cette éclosion et un virus respiratoire de type pandémie. La World Health Organization dit ne voir aucun signe d’une propagation plus large, tout en avertissant que la situation pourrait évoluer à mesure que la surveillance se poursuit.
Dr Maria Van Kerkhove, de la WHO, a résumé la distinction sans détour: « Ce n’est pas la COVID, ce n’est pas la grippe, ça se propage de façon très, très différente. »
Pourquoi le risque est jugé faible
L’éclosion implique la souche andine du hantavirus. Contrairement à la rougeole ou à la grippe, elle n’est pas considérée comme hautement contagieuse. Une transmission d’humain à humain peut survenir, mais les experts de la santé affirment qu’elle exige généralement un contact physique étroit et prolongé, et non des rencontres ordinaires dans les commerces, les écoles, les milieux de travail ou les espaces publics.
Le hantavirus se transmet plus souvent par les rongeurs. Les personnes peuvent être infectées en respirant de l’air contaminé par des particules virales provenant d’urine, d’excréments ou de salive de rongeurs. On ne sait pas encore comment l’éclosion du MV Hondius a commencé. La croisière a visité des zones sauvages éloignées, ce qui laisse envisager une exposition sur place, même si une exposition avant l’embarquement n’est pas exclue.
Des responsables et des experts ont également indiqué qu’une partie de la transmission a pu se produire à bord du navire, où les passagers partageaient cabines, espaces de restauration et autres lieux exigus. C’est pourquoi la réponse de santé publique se concentre sur les passagers, l’équipage et leurs contacts étroits plutôt que sur la population générale.
Ce que l’on sait des cas
Trois passagers sont décédés après avoir voyagé sur le navire; deux avaient été confirmés porteurs du virus, selon le compte rendu de la BBC fondé sur des informations officielles. Neuf cas confirmés par test ont été identifiés.
Les passagers du MV Hondius ont été évacués et renvoyés dans leurs pays d’origine pour s’isoler et recevoir des soins médicaux au besoin. Certains passagers étaient déjà repartis par avion ou via d’autres correspondances, et leurs contacts sont retracés par précaution.
La réponse s’étend déjà à plusieurs pays. Vingt Britanniques sont en isolement à l’Arrowe Park Hospital, dans le Merseyside, après l’atterrissage à Manchester Airport d’un vol affrété en provenance de Tenerife, avec un plan d’isolement de 72 heures à l’hôpital suivi de 42 jours à domicile. Le chief scientific officer de la UK Health Security Agency, Prof Robin May, a déclaré à la BBC que les évacués britanniques étaient en bonne santé et asymptomatiques, tout en précisant que la durée d’isolement pourrait être ajustée à mesure que la science évolue.
D’autres pays ont signalé des patients ou des cas possibles liés au navire. Un passager français a présenté des symptômes lors de son rapatriement et s’isolait à Paris. Deux ressortissants britanniques avec des cas confirmés étaient soignés aux Pays-Bas et en Afrique du Sud. L’Espagne a indiqué qu’un passager évacué, en quarantaine à Madrid, avait été testé provisoirement positif. Des responsables américains ont indiqué qu’un passager américain présentait des symptômes légers et qu’un autre avait obtenu un test faiblement positif pour la souche andine; tous deux voyageaient en unités de bioconfinement par précaution.
Pourquoi l’isolement dure si longtemps
Les symptômes apparaissent habituellement de deux à quatre semaines après l’exposition, mais peuvent émerger plus d’un mois plus tard. Cette longue fenêtre d’incubation explique pourquoi les passagers et leurs contacts font l’objet d’un suivi prolongé ou d’un isolement, même s’ils se sentent bien.
La maladie liée à la souche andine peut débuter par des symptômes grippaux, dont fièvre, fatigue et courbatures. Certains patients peuvent développer un essoufflement, des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ou une diarrhée. Des tests permettent de diagnostiquer l’infection, mais il n’existe pas de traitement spécifique; la prise en charge vise à soutenir le patient et à traiter les symptômes. Un soutien hospitalier précoce peut améliorer la survie.
Le message central des agences de santé est que les personnes sans lien avec la croisière font face à un risque très faible. Pour celles et ceux qui étaient à bord du MV Hondius, ont voyagé avec des passagers ou ont eu des contacts étroits avec eux, le point de vigilance est désormais la poursuite de la recherche des contacts, des tests et de l’isolement pendant toute la période où des symptômes pourraient encore apparaître.
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