Les marchés boursiers mondiaux ont repris des couleurs lundi et les cours du pétrole ont fortement chuté après que les États‑Unis et l’Iran ont conclu un accord‑cadre provisoire visant à mettre fin à leur guerre et à rouvrir le détroit d’Hormuz, la voie maritime clé pour les livraisons d’énergie mondiales.
Le Brent, point de référence pétrolier international, se négociait autour de 83 $ US le baril dans les rapports de lundi matin, en baisse d’environ cinq pour cent par rapport à son niveau précédent. Ce mouvement a offert un soulagement immédiat aux investisseurs, aux ménages et aux entreprises qui font face à des coûts plus élevés depuis que le conflit a perturbé les approvisionnements énergétiques au Moyen‑Orient.
L’accord n’est pas encore un règlement finalisé. L’Iran a confirmé un accord avec les États‑Unis, tandis que le Pakistan, qui a joué le rôle de médiateur, a indiqué qu’une cérémonie de signature aurait lieu vendredi en Suisse. Des négociations plus larges, notamment sur le programme nucléaire iranien, devraient se poursuivre au cours des 60 prochains jours.
Les marchés intègrent un risque moindre
Les actions américaines ont ouvert en hausse, le S&P 500 progressant d’environ 1,5 % en début de séance, le Dow Jones Industrial Average gagnant près de 1 % et le Nasdaq Composite plus de 2 %. En Asie, le Nikkei 225 japonais a bondi de 5 % pour clôturer à un niveau record, tandis que le Kospi sud‑coréen a monté de 5,2 %. Les principaux indices allemands et français ont aussi avancé en début de séance européenne.
Le rallye reflétait une réduction rapide de la prime de risque géopolitique qui s’était constituée pendant la guerre. Les compagnies aériennes, les opérateurs de croisière et d’autres entreprises aux lourdes factures de carburant ont été parmi les premiers bénéficiaires, tandis que la baisse des prix du pétrole a aussi allégé la pression sur les marchés obligataires en réduisant les craintes que les banques centrales doivent relever les taux pour combattre une inflation tirée par l’énergie.
Les cotations du pétrole variaient légèrement selon les rapports de marché, le Brent étant cité entre 82,84 $ et 83,18 $ le baril. Ces deux lectures placent le brut bien en dessous des pics observés pendant la guerre, quoique toujours au‑dessus du niveau d’environ 70 $ observé avant le début du conflit il y a plus de trois mois.
Pourquoi Hormuz est important
Le détroit d’Hormuz est l’une des voies maritimes les plus importantes au monde pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié. Environ 20 % du pétrole et du GNL mondiaux passent normalement par ce passage, mais il a été effectivement fermé depuis peu après que les États‑Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes contre l’Iran le 28 février, selon les rapports cités.
Cette perturbation a contribué à pousser le Brent au‑dessus de 100 $ le baril ces dernières semaines, et un rapport a indiqué que les prix ont culminé autour de 120 $ pendant la guerre. La hausse des coûts de l’énergie s’est répercutée sur les prix des carburants, de l’alimentation, des engrais et d’autres biens, mettant sous pression les consommateurs et les entreprises bien au‑delà du Moyen‑Orient.
Des prix de gros du pétrole plus bas peuvent finir par se répercuter sur les automobilistes, mais pas immédiatement. Au Royaume‑Uni, la RAC a indiqué que la baisse du prix du pétrole devrait faire baisser les prix à la pompe si le brut reste proche des niveaux actuels, mais l’explication de la BBC a noté que les changements sur le marché de gros prennent habituellement environ une quinzaine de jours pour apparaître dans les stations‑service.
Soulagement, mais pas une reprise complète
Les analystes ont mis en garde que la réouverture d’Hormuz ne signifie pas que les flux d’énergie reviendront instantanément à la normale. Les compagnies maritimes et d’assurance pourraient attendre d’être certaines que l’accord tiendra, tandis que des experts cités par la BBC ont dit que les mines, les arriérés de pétroliers et la reprise des opérations de production et de chargement pourraient retarder un retour complet au niveau de circulation d’avant‑guerre à travers le détroit.
Stephen Innes, de SPI Asset Management, a décrit la réouverture comme « une soupape de secours, pas un dividende de paix complet », avertissant que les marchés doivent encore tenir compte de l’écart entre l’annonce d’un accord, une signature formelle et le respect effectif.
Le prochain test sera de savoir si l’accord est signé comme prévu et si les navires pourront de nouveau transiter en toute sécurité par Hormuz. D’ici là, le rallye des marchés de lundi traduit un soulagement face à un possible tournant — pas la preuve que le choc énergétique est terminé.
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