Les cours du pétrole ont grimpé jeudi alors que la reprise des hostilités entre les États‑Unis et l'Iran ravive les inquiétudes sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, une voie énergétique vitale.
Les cours ont augmenté jeudi après que l'Iran a déclaré avoir visé une base aérienne américaine à la suite de nouvelles frappes américaines dans le sud de l'Iran, ravivant la crainte que les combats ne perturbent davantage la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Des instantanés du marché montraient le brut en nette hausse, même si les chiffres rapportés variaient selon l'heure et le média. CNBC a indiqué que le Brent gagnait environ 2 % à 96,28 $ le baril vers 8:42 a.m. ET, le West Texas Intermediate étant lui aussi en hausse d'environ 2 % à 90,75 $. La BBC a rapporté un mouvement plus prononcé, le Brent à 97,83 $ (+3,75 %) et le brut coté aux États‑Unis en hausse de 4 % à 92,22 $.
La préoccupation immédiate pour les marchés de l'énergie est le détroit d'Ormuz, le canal étroit par lequel transitent normalement environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. La voie maritime est au cœur du conflit entre les États‑Unis et l'Iran, avec le trafic commercial étranglé et des milliers de pétroliers signalés bloqués alors que les négociations se poursuivent.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique de l'Iran a déclaré avoir visé une base aérienne américaine tôt jeudi, sans identifier la base. Le Koweït, qui accueille une base américaine, a dit avoir intercepté des missiles et des menaces de drones hostiles, tandis que l'armée américaine a indiqué que l'Iran avait lancé un missile balistique en direction du Koweït, intercepté avec succès par les forces koweïtiennes.
U.S. Central Command a qualifié l'attaque iranienne contre le Koweït d'« egregious ceasefire violation » et a déclaré que les forces iraniennes avaient aussi lancé des drones d'attaque unidirectionnels qui représentaient une menace dans et près du détroit d'Ormuz. Les comptes rendus différaient sur le nombre exact de drones impliqués : un récit de la BBC citait Centcom disant que les forces américaines avaient abattu quatre drones, tandis qu'un autre affirmait que cinq drones avaient été interceptés et qu'un sixième lancé depuis Bandar Abbas avait été empêché.
Les frappes américaines ont visé un site militaire à Bandar Abbas, ville portuaire stratégique du sud de l'Iran. Washington a présenté ses récentes attaques comme de l'autodéfense, affirmant qu'elles visaient à protéger les troupes américaines et la navigation commerciale. L'Iran a condamné les frappes comme une violation du cessez‑le‑feu et a dit qu'il prendrait des mesures pour défendre sa souveraineté.
La reprise des hostilités est survenue pendant un cessez‑le‑feu fragile et des pourparlers prolongés visant à mettre fin à un conflit de trois mois. Le président Donald Trump a déclaré mercredi que les États‑Unis n'étaient « not satisfied » de la position iranienne, tandis que le secrétaire d'État Marco Rubio a dit que les pourparlers avaient progressé et que Trump favorisait la diplomatie.
Les marchés s'étaient calmés plus tôt dans la semaine dans l'attente d'un accord susceptible de rouvrir le détroit d'Ormuz à un trafic plus normal. La télévision d'État iranienne a rapporté qu'un projet de mémorandum avec les États‑Unis rouvrirait le détroit aux niveaux de navigation commerciale d'avant‑guerre sous gestion iranienne et omanaise, mais la Maison‑Blanche a rejeté ce récit comme une « complete fabrication ». Trump a déclaré qu'aucune nation ne contrôlerait la navigation dans le détroit.
Pour l'heure, le marché pétrolier réagit moins à une perte d'approvisionnement confirmée qu'au risque que le cessez‑le‑feu se défasse et restreigne davantage l'une des routes énergétiques les plus importantes au monde. L'épreuve suivante sera de voir si Washington et Téhéran poursuivent les discussions après le dernier échange, ou si de nouvelles frappes entraînent la région plus profondément dans le conflit.
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