Les prix du pétrole ont augmenté et les contrats à terme sur actions ont reculé, les espoirs d’un accord États‑Unis–Iran pour mettre fin aux hostilités s’étant amenuisés alors que les heurts se poursuivaient près du détroit d’Ormuz.
Les prix du pétrole ont progressé et les contrats à terme sur actions américaines ont légèrement reculé, les investisseurs réagissant à l’affaiblissement des perspectives d’un accord États‑Unis–Iran pour mettre fin à la guerre et à la reprise des combats autour du détroit d’Ormuz.
Le mouvement du marché reflète l’inquiétude suscitée par l’absence de percée diplomatique alors que l’un des couloirs énergétiques les plus importants au monde reste sous tension. Les contrats à terme sur le Brent dépassaient 101 $ US le baril vendredi, selon CBC, tout en demeurant en baisse de plus de 6 % sur la semaine.
Washington attendait la réponse de Téhéran à une proposition américaine qui mettrait officiellement fin à la guerre avant d’engager des pourparlers sur des enjeux plus litigieux, dont le programme nucléaire iranien. Le secrétaire d’État Marco Rubio a dit à des journalistes à Rome, vendredi, que les États‑Unis s’attendaient à une réponse de l’Iran ce jour‑là. « On devrait être fixés aujourd’hui. ... Nous attendons une réponse de leur part », a dit Rubio.
L’Iran a indiqué jeudi qu’il examinait des messages des États‑Unis transmis par des médiateurs pakistanais, selon les médias d’État iraniens cités par CNBC. CBC a rapporté qu’aucune réponse n’avait été signalée en milieu d’après‑midi à Washington, peu avant minuit à Téhéran.
Des informations plus tôt dans la semaine indiquaient que les deux parties s’approchaient d’un protocole d’entente en 14 points pour mettre fin à la guerre et reprendre les discussions sur le programme nucléaire iranien. Mais cet élan diplomatique a été éclipsé par de nouveaux incidents dans et autour du détroit d’Ormuz, où les perturbations du trafic maritime ont alimenté les craintes pour l’approvisionnement énergétique mondial.
L’agence semi‑officielle iranienne Fars a fait état d’accrochages sporadiques entre les forces iraniennes et des navires américains dans le détroit, tandis que Tasnim a ensuite cité une source militaire iranienne selon laquelle la situation s’était apaisée, tout en avertissant que d’autres heurts restaient possibles. L’armée américaine a indiqué avoir frappé deux navires liés à l’Iran qui tentaient d’entrer dans un port iranien, touchant leurs cheminées et les forçant à rebrousser chemin, selon CBC.
L’affrontement s’est aussi étendu au‑delà du passage maritime. Les Émirats arabes unis ont déclaré que leurs défenses aériennes avaient engagé deux missiles balistiques et trois drones en provenance d’Iran, vendredi, et que trois personnes avaient subi des blessures modérées.
Le président Donald Trump a déclaré, jeudi, que le cessez‑le‑feu tenait toujours malgré ces flambées de violence. Rubio a toutefois averti que toute tentative de l’Iran de contrôler le trafic dans le détroit serait inacceptable, affirmant que les informations selon lesquelles Téhéran chercherait à créer un organisme pour gérer le passage dans la voie navigable poseraient « un problème ».
Le détroit d’Ormuz assure normalement le transit d’environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole, et l’Iran a en grande partie bloqué le passage des navires non iraniens par cette route depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes aériennes conjointes américano‑israéliennes à travers l’Iran le 28 février, selon CBC. Les États‑Unis ont imposé un blocus aux navires iraniens le mois dernier.
La campagne de pression s’est poursuivie vendredi alors que le département du Trésor américain a annoncé des sanctions visant 10 personnes et entreprises, dont plusieurs en Chine et à Hong Kong, les accusant d’aider l’armée iranienne à obtenir des armes et des matières premières utilisées pour fabriquer des drones Shahed.
Parallèlement, un responsable américain au fait d’une évaluation de la CIA a dit à CBC que l’Iran pourrait supporter un blocus naval pendant environ quatre mois de plus avant que la pression économique ne devienne sévère, ce qui suggère que l’influence américaine a ses limites. Un haut responsable du renseignement a contesté ce récit, qualifiant ces affirmations de fausses et affirmant que le blocus causait des dommages cumulatifs.
Le prochain test pour les marchés et les diplomates sera de savoir si l’Iran remet une réponse officielle à la proposition américaine — et si le cessez‑le‑feu peut survivre à de nouveaux heurts dans cette voie navigable devenue centrale à la fois pour la guerre et pour les prix de l’énergie à l’échelle mondiale.
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