Le président Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont entamé la guerre contre l'Iran en affichant un front uni. Quatre mois plus tard, ce même conflit a révélé un net fossé entre la volonté de Trump d'obtenir une issue diplomatique rapide et l'insistance de Netanyahu pour que Israël maintienne la pression militaire sur l'Iran et le Hezbollah.
La rupture est devenue publique après que des avions israéliens ont frappé Beyrouth alors que Washington tentait de finaliser un accord avec Téhéran pour prolonger un cessez‑le‑feu et rouvrir le détroit d'Ormuz. Trump a condamné l'attaque sur Truth Social, disant "should not have happened," et a ensuite mis la pression sur Netanyahu lors d'un appel ponctué d'injures, selon des reportages cités par CBS News et Fox News.
Le différend importe parce qu'il dépasse la relation personnelle entre deux dirigeants qui se sont souvent fait des louanges mutuelles. Les négociations entre les États‑Unis et l'Iran, les opérations israéliennes au Liban, les prix de l'énergie liés au détroit d'Ormuz et la position politique de Netanyahu chez lui sont désormais liés à la même question : Trump peut‑il mettre fin à une guerre que le dirigeant israélien ne semble pas prêt à clore selon le calendrier de Washington ?
Objectifs partagés, calendriers divergents
Trump et Netanyahu étaient étroitement alignés avant la guerre. Netanyahu a été le premier dirigeant étranger que Trump a reçu à la Maison‑Blanche lors de son second mandat, et il a publiquement crédité Trump pour des décisions pro‑Israël majeures, dont le déménagement de l'ambassade des États‑Unis à Jérusalem et le retrait de l'accord nucléaire iranien de l'ère Obama.
Cet alignement s'est poursuivi au début des frappes conjointes américano‑israéliennes contre l'Iran le 28 février. Netanyahu a décrit la campagne comme l'aboutissement de décennies de volonté de frapper le régime au pouvoir en Iran, et a remercié Trump d'avoir rejoint la mission.
Mais les fins recherchées par les dirigeants ont divergé. Trump a fait campagne contre les "forever wars" et avait laissé entendre que le conflit serait bref. CBS News a rapporté que bon nombre des raisons qu'il avait invoquées pour la guerre restent non résolues dans l'accord initial avec l'Iran, même si sa rhétorique a évolué au fil des combats. Netanyahu, en revanche, s'est longtemps opposé à un accord politique avec les dirigeants iraniens et a promis "total victory" dans une guerre qu'il présente comme visant à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire.
Des analystes cités par CBS News et Fox News décrivent cet écart comme à la fois stratégique et politique. Natan Sachs, de la Middle East Institute, a dit à Fox News Digital que Trump et Netanyahu ont "very different time horizons", Netanyahu étant prêt à un affrontement de longue durée tandis que Trump cherche des gains plus rapides. Anshel Pfeffer, correspondant en Israël pour The Economist, a déclaré à CBS News que Netanyahu est contraint par les promesses qu'il a faites au public israélien et par sa relation avec Trump, qui sont toutes deux désormais sous pression.
Le Liban devient le point de friction
La source de friction la plus visible a été le Liban. Israël affirme que le Hezbollah reste une menace, et CBS News a rapporté que des milliers d'Israéliens restent déplacés de leurs foyers en raison d'attaques à la roquette et par drone du groupe soutenu par l'Iran. Des responsables israéliens ont soutenu que les arrangements de cessez‑le‑feu avec l'Iran ne règlent pas automatiquement le conflit avec le Hezbollah.
L'administration Trump, cependant, a considéré les frappes israéliennes à Beyrouth comme une menace pour sa diplomatie avec Téhéran. Fox News a rapporté qu'un diplomate impliqué dans les pourparlers a dit que les frappes avaient créé des problèmes pour finaliser l'accord américano‑iranien. Trump a déclaré à Axios après une frappe que Netanyahu avait "no f---ing judgment," tandis que Trey Yingst de Fox News a rapporté que Trump avait demandé à Netanyahu, "What the f*** are you doing?"
Netanyahu a déclaré qu'Israël avait averti Trump qu'il frapperait Beyrouth si le Hezbollah continuait d'attaquer Israël. Il a également insisté publiquement sur le fait que l'Iran n'obtiendra pas d'armes nucléaires tant qu'il sera premier ministre, avec ou sans accord entre Washington et Téhéran.
Jusqu'où ira Trump ?
Pour l'instant, la rupture semble plus rhétorique qu'opérationnelle. Aaron David Miller, de la Carnegie Endowment for International Peace, a dit à CBS News que Trump a publiquement tenu des propos sur Netanyahu que nul autre président américain n'avait tenus à l'égard d'un premier ministre israélien. Mais Miller a aussi noté que les États‑Unis n'ont pas retardé l'aide militaire, cessé le partage de renseignements ni retiré leur protection diplomatique pour Israël au Conseil de sécurité des Nations unies.
Cela laisse Netanyahu dans une position difficile mais pas nécessairement isolée. Trump a alterné entre réprimandes envers Netanyahu et déclarations décrivant la relation américano‑israélienne comme forte. Au sommet du G7 en France, il a dit que Netanyahu "gets a little excited sometimes" tout en qualifiant le partenariat d'"amazing" et en décrivant les États‑Unis comme le partenaire le plus important.
Le prochain point de tension est le Liban. Si les combats qui s'y poursuivent continuent de menacer l'accord de Trump avec l'Iran, le président américain devra choisir entre absorber davantage de frictions avec Netanyahu ou attacher des conséquences aux actions d'Israël. Si l'Iran ou le Hezbollah est perçu comme saper la diplomatie, Netanyahu pourrait retrouver de la marge pour soutenir que la campagne d'Israël reste nécessaire.
Ce délicat équilibre non résolu — entre le besoin de sortie de Trump et l'argument de Netanyahu en faveur de la poursuite du combat — est désormais la tension centrale dans un partenariat que la guerre a d'abord renforcé, puis mis à l'épreuve.
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