Trump est en Chine alors que la guerre avec l’Iran se prolonge, que les coûts de l’énergie augmentent et que Washington rejette toujours la dernière proposition de Téhéran pour y mettre fin.
Le voyage du président Donald Trump en Chine se déroule sous le poids d’une guerre avec l’Iran toujours non résolue, un conflit qui a fait monter les coûts de l’énergie, mis à rude épreuve la diplomatie américaine et laissé Washington sans voie claire vers un règlement.
Avant de quitter Washington mardi, Trump a de nouveau averti que l’Iran pourrait faire face à des conséquences dévastatrices s’il n’acceptait pas un accord pour mettre fin au conflit, selon un compte rendu de ses propos par le New York Times. Il a aussi dit aux journalistes que l’Iran ferait partie de ses discussions avec le président chinois Xi Jinping, tout en minimisant le besoin d’une aide de Pékin.
« Je ne pense pas que nous ayons besoin d’aide sur l’Iran », a déclaré Trump mardi, selon CNBC. « On va en parler longuement. »
Cette guerre, entrée dans son deuxième mois, est devenue à la fois une crise de politique étrangère et un problème économique intérieur pour Trump. CNBC a rapporté que le S&P 500 a augmenté de 7,3 % depuis le 27 février, juste avant que les États-Unis et Israël attaquent l’Iran, mais que l’appui à Trump a reculé alors que les Américains font face à des prix du carburant plus élevés et à un regain de pressions inflationnistes.
Les marchés de l’énergie demeurent au cœur des pressions. La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz a perturbé la voie habituelle d’environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, selon CNBC. Les contrats à terme sur le Brent ont atteint 104 $ US le baril lundi, en hausse de 44 % depuis le début de la guerre, tandis que le prix moyen de l’essence aux États-Unis a grimpé à 4,50 $ US le gallon mardi, également en hausse de 44 % sur un an, d’après des chiffres de l’AAA cités par CNBC. Les prix du diesel étaient en hausse de 61 %.
Amin Nasser, chef de la direction de Saudi Aramco, a averti lundi que si la perturbation se poursuit au rythme actuel, le marché perdrait environ 100 millions de barils pour chaque semaine où le détroit d’Ormuz reste fermé. Il a ajouté que les stocks pourraient devenir « dangereusement bas » d’ici l’été et que même une réouverture immédiate prendrait des mois avant de se répercuter dans le système.
Les efforts diplomatiques n’ont pas abouti à une percée. Washington et Téhéran négocient par l’entremise de médiateurs au Pakistan, mais Trump a rejeté la dernière contre-proposition de l’Iran dimanche comme « TOTALLY UNACCEPTABLE! » dans un message sur Truth Social cité par CNBC. Le Wall Street Journal, dont CNBC résume les informations, a rapporté que l’Iran n’a pas accepté les exigences américaines concernant son programme nucléaire et son stock d’uranium hautement enrichi, proposant plutôt des pourparlers nucléaires distincts et une suspension de l’enrichissement plus courte que le moratoire de 20 ans réclamé par Washington.
Israël a aussi indiqué qu’il ne considère pas le conflit comme proche de sa fin. Le premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dans une entrevue enregistrée à l’émission « 60 Minutes » de CBS que la guerre n’était « pas terminée », citant l’uranium enrichi, les sites d’enrichissement, les missiles balistiques et les proxies soutenus par l’Iran comme enjeux non réglés.
Le risque d’escalade demeure en toile de fond. Un résumé des mises à jour en direct du New York Times indiquait que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a prévenu que l’armée américaine pourrait intensifier la guerre « si nécessaire », tandis qu’un responsable iranien a évoqué la possibilité d’augmenter l’enrichissement nucléaire si l’Iran était de nouveau attaqué.
Trump se retrouve ainsi en Chine face à deux épreuves liées : réussir à mener des pourparlers avec Xi alors que la guerre avec l’Iran domine l’ordre du jour, et montrer des progrès vers la fin d’un conflit qui se répercute déjà sur les prix au pays. Pour l’instant, le prochain signal viendra probablement des rencontres du président en Chine — et de la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
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