Trump a averti l’Iran de frappes intensifiées s’il rejette un accord de paix, alors que Téhéran examine une proposition américaine et que les pourparlers restent indirects.
WASHINGTON — Le président Trump a menacé l’Iran d’une campagne militaire américaine plus vigoureuse s’il n’acceptait pas des conditions pour mettre fin à la guerre, tout en disant mercredi qu’il est encore trop tôt pour de nouveaux pourparlers directs avec des responsables iraniens, après avoir fait état de progrès dans des négociations facilitées par le Pakistan.
L’avertissement est survenu alors que Trump a mis sur pause l’opération Project Freedom, une opération américaine de courte durée visant à guider des navires commerciaux à travers le détroit d’Ormuz, afin de laisser plus de temps à la diplomatie. Le blocus naval plus large des ports iraniens et des navires liés à l’Iran demeure en place, selon des responsables américains.
Trump a indiqué sur Truth Social que le conflit pourrait se terminer si l’Iran acceptait ce qu’il a décrit comme des modalités déjà en discussion. « S’ils n’acceptent pas, les bombardements commencent, et ils seront, malheureusement, d’un niveau et d’une intensité bien supérieurs à ce qu’ils étaient auparavant », a-t-il écrit.
Le moment met à l’épreuve un cessez-le-feu fragile qui, selon des responsables américains, ne s’est pas effondré malgré la poursuite des attaques dans la région. Le général Dan Caine, président des Joint Chiefs of Staff, a déclaré que l’Iran avait tiré à neuf reprises sur des navires commerciaux et attaqué les forces américaines à plus de dix reprises depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 7 avril, mais a qualifié ces incidents d’en deçà du seuil justifiant la reprise d’opérations de combat majeures.
Le secrétaire Pete Hegseth a affirmé mardi que les États-Unis ne cherchaient pas l’affrontement mais étaient prêts à réagir. Les responsables de l’administration n’ont pas précisé publiquement quel niveau d’action iranienne constituerait une violation du cessez-le-feu.
Le gouvernement iranien examine la plus récente proposition de paix américaine et transmettra sa position à des intermédiaires pakistanais une fois cet examen terminé, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, à l’agence iranienne ISNA. Dans une publication distincte sur X, Baqaei a affirmé que les négociations exigent la bonne foi et ne doivent pas équivaloir à un « diktat », une « extorsion » ou une « coercition ».
Les détails de la proposition n’ont été rendus publics ni par Washington, ni par Téhéran, ni par Islamabad. Trump a affirmé que les pourparlers avaient fait de « grands progrès », tout en décrivant l’accord de l’Iran comme « peut-être » une hypothèse majeure.
Le détroit d’Ormuz demeure au cœur de l’impasse. Trump a annoncé l’opération Project Freedom pour aider au passage de navires commerciaux dans le détroit, puis l’a mise sur pause après une journée. Deux navires commerciaux escortés par les États-Unis ont transité dans le cadre de cet effort, tandis que le trafic maritime dans le détroit est resté fortement réduit, selon des reportages citant des données de la marine britannique et de Lloyd’s List Intelligence.
U.S. Central Command (CENTCOM) a indiqué mercredi que 52 navires commerciaux avaient été sommés de faire demi-tour ou de retourner au port dans le cadre du blocus en cours. CENTCOM a également déclaré que des forces américaines avaient immobilisé le pétrolier vide battant pavillon iranien M/T Hasna dans le golfe d’Oman après des avertissements répétés, en tirant depuis un F/A-18 Super Hornet de la U.S. Navy pour neutraliser le gouvernail du navire.
Trump a aussi déclaré à Sinclair Broadcast Group que l’Iran est « militairement vaincu », tout en précisant que cela ne signifiait pas la fin des opérations de combat américaines. Il a indiqué que les États-Unis avaient frappé environ 70 % de certaines cibles qu’ils visaient et pouvaient encore en frapper d’autres.
Pour l’instant, l’administration tente de tenir deux positions à la fois : maintenir la pression sur l’Iran par un blocus et la menace de nouvelles frappes, tout en accordant plus de temps aux pourparlers indirects. Le prochain signal clair est attendu de la réponse de Téhéran à la dernière proposition américaine.
Commentaires (0)