Les États‑Unis affirment avoir commencé à rétablir le trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, mais l'Iran estime que cette initiative menace un cessez‑le‑feu fragile.
Les États‑Unis et l'Iran ont lancé des revendications concurrentes mardi au sujet du détroit d'Ormuz, après que Washington a lancé une nouvelle opération pour escorter la navigation commerciale à travers cette voie stratégique, une démarche qui a mis à l'épreuve un cessez‑le‑feu fragile et ravivé les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques mondiaux.
U.S. Central Command a déclaré que deux navires marchands battant pavillon américain avaient traversé avec succès le détroit dans le cadre de «Project Freedom», l'effort du President Donald Trump pour aider à déplacer des navires bloqués depuis la fermeture de fait du canal par l'Iran. Les médias liés à l'État iranien et des responsables, pour leur part, ont présenté Téhéran comme contrôlant toujours l'accès au détroit et ont averti que l'opération américaine pourrait être considérée comme une violation du cessez‑le‑feu.
Les enjeux sont exceptionnellement élevés : environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial transitent normalement par le détroit d'Ormuz. La perturbation a déjà fait monter les prix du carburant, laissé des milliers de marins bloqués et exercé une pression sur des pourparlers de paix qui ont montré peu de progrès visibles.
Les forces armées américaines ont nié les informations iraniennes selon lesquelles un navire de guerre américain aurait été touché par des missiles alors qu'il tentait d'entrer dans le détroit. «No U.S. Navy ships have been struck», a déclaré Central Command, ajoutant que les forces américaines soutenaient Project Freedom tout en poursuivant un blocus naval des ports iraniens.
Fars News Agency, qui est alignée avec l'Islamic Revolutionary Guard Corps, avait rapporté qu'un navire de la marine américaine avait été touché après avoir ignoré un avertissement iranien et avait été contraint de se replier. Un haut responsable iranien a dit séparément à Reuters que l'Iran avait tiré un coup de semonce pour empêcher un navire de guerre américain d'entrer dans le détroit, mais a ajouté qu'on ne savait pas s'il y avait eu des dégâts.
Central Command a indiqué que des destroyers lance‑missiles opéraient dans le golfe Arabique après avoir transité par le détroit, et que les forces américaines travaillaient à rétablir le transit commercial. NPR, citant l'armée américaine, a rapporté que les forces américaines avaient ouvert un passage débarrassé des mines iraniennes et que des hélicoptères américains avaient coulé six petites embarcations après que l'Iran eut lancé des missiles, des drones et de petites embarcations contre des navires civils sous protection américaine.
L'opération a aussi suscité des mises en garde de Téhéran. Mohammad Bagher Qalibaf, président du parlement iranien et principal négociateur, a accusé Washington de miner la sécurité de la navigation dans le détroit et a laissé entendre que l'Iran n'avait pas entièrement répondu. Des responsables iraniens ont déclaré que toute tentative américaine d'intervenir dans la voie navigable constituerait une violation du cessez‑le‑feu.
Trump a annoncé Project Freedom dimanche, déclarant que les États‑Unis aideraient à guider les navires neutres hors des eaux restreintes. Il a décrit la mission comme un effort humanitaire pour les personnes, les entreprises et les pays pris dans le conflit, mais a averti que toute ingérence serait «dealt with forcefully».
Le cessez‑le‑feu, en place depuis avril, semblait demeurer effectif mardi malgré des attaques signalées autour du golfe. Les United Arab Emirates ont indiqué que leurs défenses aériennes avaient engagé 15 missiles et quatre drones tirés par l'Iran, et les autorités de Fujairah ont déclaré qu'un drone avait provoqué un incendie dans une installation pétrolière clé, blessant trois ressortissants indiens. Téhéran n'a ni confirmé ni démenti les attaques, mais le Foreign Minister Abbas Araghchi a mis en garde les États‑Unis et les UAE contre un retour dans ce qu'il a qualifié d'engluement.
Les gouvernements de la région ont appelé à la retenue. Saudi Arabia a condamné les frappes contre les UAE et a demandé à l'Iran de cesser les attaques et de respecter le droit international. Pakistan, qui a servi de médiateur entre Washington et Téhéran, a également appelé au maintien du cessez‑le‑feu.
Le trafic commercial à travers le détroit est resté incertain. Les États‑Unis ont déclaré que deux navires battant pavillon américain avaient réussi à passer, mais il n'était pas immédiatement clair si la navigation allait reprendre de façon plus générale. Des données de suivi de navires citées par NPR montraient un pétrolier brut battant pavillon panaméen se dirigeant vers le centre du détroit mardi matin après avoir quitté une zone d'ancrage dans le golfe Persique, bien que sa trajectoire prévue fût incertaine.
La prochaine épreuve sera de savoir si l'effort d'escorte américain s'étendra au‑delà des traversées initiales — et si l'Iran répondra militairement, diplomatiquement ou en imposant de nouvelles restrictions sur l'une des plus importantes voies maritimes du monde.
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