Inde

Un compte parodique étudiant cristallise les tensions entre le gouvernement Modi et la dissidence

Un essai d’opinion d’Al Jazeera affirme que le compte Cockroach Janta Party, né après une remarque d’un juge en chef sur les jeunes, a été mis hors ligne en Inde après avoir attiré des millions d’internautes

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Un compte parodique étudiant cristallise les tensions entre le gouvernement Modi et la dissidence
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Un compte satirique géré par des étudiants est devenu un point de tension en Inde après qu’un essai d’opinion d’Al Jazeera a affirmé que le gouvernement Modi l’a visé comme une menace pour la sécurité nationale.
Liberté d'expression Politique en Inde Narendra Modi Réseaux sociaux Dissidence des jeunes

Un compte satirique géré par des étudiants est devenu un point de tension en Inde après qu’un essai d’opinion d’Al Jazeera a affirmé que le gouvernement Modi l’a visé comme une menace pour la sécurité nationale.

Un compte parodique dirigé par des étudiants, baptisé Cockroach Janta Party, est devenu un point de tension dans les débats sur la satire politique, la frustration des jeunes et la liberté d’expression en Inde, après qu’un essai d’opinion d’Al Jazeera a affirmé que le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi avait cherché à forcer la suppression du compte.

L’essai, publié le 9 juin, explique que le compte est né d’une plaisanterie après que le juge en chef Surya Kant eut comparé des jeunes au chômage dérivant vers le journalisme et l’activisme à des cafards et des parasites. Il affirme que le projet parodique a rapidement attiré des millions d’abonnés sur Instagram et X, anciennement Twitter, et a fait l’objet de reportages de la BBC, de CNN, de The Guardian et de France 24.

L’auteur, identifié comme journaliste d’investigation, écrit que la page du compte n’est plus accessible en Inde et décrit une pression sur plusieurs fronts : son site web a été supprimé, des ministres ont accusé le fondateur Abhijeet Dipke d’être sous « influence étrangère », et une pétition a été déposée auprès de la Cour suprême demandant des mesures à son encontre. L’administration a présenté la parodie comme mettant en danger la « sécurité nationale » et « constituant une menace pour la souveraineté de l’Inde », indique l’essai.

Al Jazeera a publié le texte en tant qu’opinion et a précisé que les propos étaient ceux de l’auteur. L’essai ne cite pas de réponse du gouvernement Modi.

L’article inscrit le litige dans un climat plus large de colère chez les jeunes, en évoquant des sujets fuites de sujets à l’examen national d’entrée en médecine pour les étudiants de premier cycle, un scandale distinct de notation touchant des élèves d’école et des critiques visant des étudiants sur la chaîne publique Doordarshan. Il contraste également, selon l’auteur, le silence de Modi sur les décès liés à la vague de chaleur au Telangana avec les condoléances qu’il a exprimées après un accident minier dans la province chinoise du Shanxi.

L’essai évoque aussi un épisode en Norvège, où la journaliste Helle Lyng Svendsen a demandé à Modi pourquoi il ne répondait pas aux questions de la « presse la plus libre du monde ». L’auteur écrit que Modi s’est éloigné sans répondre, et que l’ambassade de l’Inde à Oslo a ensuite tenu une conférence de presse où le diplomate Sibi George a défendu l’Inde. L’essai ajoute que Svendsen a ensuite été victime de doxxing et retirée d’Instagram après avoir été ciblée par des comptes d’extrême droite.

Pour l’auteur, le compte parodique est moins une plaisanterie marginale d’internet qu’un signe d’un problème politique plus large : un gouvernement de plus en plus sensible au ridicule et aux remises en cause venant de jeunes critiques. L’épreuve suivante sera de savoir si Cockroach Janta Party restera inaccessible en Inde et si la pétition contre Dipke avancera.

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