Les bibliothèques publiques de la Nouvelle‑Écosse intensifient leurs efforts de collecte de fonds, le financement provincial gelé et la hausse des coûts exerçant une pression sur les budgets et menaçant les services.
Les bibliothèques publiques de la Nouvelle‑Écosse comptent de plus en plus sur la collecte de fonds pour équilibrer leurs budgets : certains réseaux régionaux couvrent désormais 10 % ou plus de leurs coûts de fonctionnement alors que le soutien provincial ne suit pas la hausse des dépenses.
La plupart des bibliothèques publiques de la province doivent normalement lever 3 % de leur budget de fonctionnement, mais plusieurs dépassent largement ce seuil alors que les coûts augmentent pour la main‑d’œuvre, les livres et l’énergie. Ce virage accentue les inquiétudes selon lesquelles les réseaux locaux pourraient subir des coupes plus profondes ou fermer des succursales si la situation du financement ne change pas.
South Shore Public Libraries, qui obtient 11 % de son budget de fonctionnement par la collecte de fonds et des subventions, a récemment annoncé un événement de financement avec Rachel Reid, auteure de la série de romances sur le hockey à succès Game Changers, dont l’œuvre a contribué à inspirer le succès télévisuel Heated Rivalry. L’événement devrait rapporter quelques milliers de dollars au réseau de bibliothèques.
« We are smashing that target out of the water, » a déclaré la PDG Ashley Nunn‑Smith au sujet de l’exigence de collecte de fonds de 3 %. Elle a indiqué que le réseau a depuis longtemps levé des fonds par des événements, un festival littéraire annuel, des lectures d’auteurs et une campagne de plaques de livres de Noël, mais que la pression financière actuelle pousse à intensifier ces efforts.
« Fundraising alone cannot sustain public libraries in this province, » a dit Nunn‑Smith. « But yes, we will need to increase our fundraising efforts. »
La pression survient alors que la formule de financement provinciale, qui couvre 70 % des finances des bibliothèques pour les systèmes situés en dehors de la Halifax Regional Municipality, n’a été revalorisée qu’une fois au cours des 16 dernières années, en 2019. La province a fourni un financement pontuel depuis, mais les responsables des bibliothèques affirment qu’il n’a pas comblé l’écart entre les revenus et les dépenses.
La pression financière a déjà atteint un point visible à l’Annapolis Valley Regional Library, où la fermeture de cinq succursales a été annoncée récemment. Les responsables d’autres bibliothèques disent que cette décision doit être vue comme un signal d’alarme, et non comme un cas isolé.
Au Pictou‑Antigonish Regional Library, le bibliothécaire en chef Eric Stackhouse a indiqué qu’il vise à lever 10 % du budget de fonctionnement du réseau cette année. La bibliothèque installe des stations de don dans ses sept succursales, utilise une plateforme de dons caritatifs et cherche des investissements d’entreprises dans un fonds de bibliothèque qui soutiendra en partie les dépenses de fonctionnement. Elle poursuivra aussi les tirages, les événements et les demandes de subventions.
Les réseaux de bibliothèques Pictou‑Antigonish et South Shore se tournent aussi vers des partenariats. Pictou‑Antigonish a collaboré avec l’Aberdeen Health Foundation sur des programmes, notamment des initiatives visant à réduire l’isolement social chez les personnes âgées et les groupes marginalisés. South Shore a ouvert une nouvelle succursale à Chester, où le Village of Chester Commission couvre tous les frais de personnel, et prévoit une autre succursale axée uniquement sur la programmation à Cookville cet automne, avec les frais de personnel pris en charge par la Municipality of the District of Lunenburg.
Des réductions de services ont déjà été mises en place. South Shore a réduit son service de bibliothèque mobile de cinq à quatre jours, diminué les achats de collections et réduit les heures d’ouverture. Pictou‑Antigonish a réduit son budget livres et certaines heures du dimanche, et a mis à pied l’équivalent de 1,5 poste à temps plein.
Nunn‑Smith a déclaré que South Shore n’en est pas encore au point de fermer de grosses succursales, mais que cela pourrait survenir dans un à trois ans si le financement ne s’améliore pas. Stackhouse a qualifié les fermetures dans l’Annapolis Valley de « a wake‑up call », affirmant que d’autres réseaux se dirigent vers le même point de tension.
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