Des intervenants 2SLGBTQ+ de l’Î.-P.-É. estiment qu’une nouvelle question sur l’orientation sexuelle dans le questionnaire détaillé du recensement 2026 du Canada pourrait améliorer la visibilité et appuyer les demandes de financement.
Une nouvelle question sur l’orientation sexuelle dans le recensement 2026 du Canada est accueillie favorablement par des intervenants 2SLGBTQ+ de l’Î.-P.-É., qui affirment que ces données pourraient offrir aux organismes communautaires des preuves plus solides lorsqu’ils sollicitent un appui public, des subventions et des changements de politiques.
Statistics Canada a inclus pour la première fois la question dans le questionnaire détaillé (long) du recensement, qui a été envoyé en mai 2026 à 25 % des résidents au Canada. La question ne figure pas dans le questionnaire abrégé expédié aux 75 % restants, et elle est posée aux personnes de 15 ans et plus.
AinZ Kendrick, à la direction générale de P.E.I. Transgender Network, a dit que le changement laisse entendre que Statistics Canada répond aux appels de la communauté nationale élargie pour de meilleures données sur les personnes 2SLGBTQ+. Kendrick a ajouté que ces renseignements peuvent aider à orienter des décisions en matière d’emploi, de santé et de logement.
« Avoir cette information nous permet de dire que nous existons, de montrer où nous sommes et quels sont nos besoins », a indiqué Kendrick.
P.E.I. Transgender Network utilise les données du recensement dans son travail d’éducation du public et lorsqu’elle présente des demandes de subventions et de financement de projets. Kendrick a dit que des informations plus précises sur les communautés 2SLGBTQ+ pourraient aider les organismes à montrer où les services sont nécessaires et à présenter un argumentaire plus solide pour obtenir des ressources.
Scott McLeish, directeur du Centre for Population and Social Statistics à Statistics Canada, a indiqué que les questions du recensement visent à décrire la population et à aider les gouvernements, les entreprises et les organismes à mieux comprendre les gens qu’ils servent. Il a dit que les données sur différents groupes de population peuvent révéler quand les expériences et les résultats ne sont pas les mêmes.
Kels Smith, de PEERS Alliance, un organisme sans but lucratif de l’Î.-P.-É. qui défend les communautés queer et neurodivergentes, a déclaré que de meilleures informations pourraient être particulièrement utiles pour comprendre et soutenir les jeunes. Smith a souligné la valeur de données sur l’identité et la santé mentale, alors que les jeunes naviguent des réalités qui peuvent différer de ce que bien des adultes ont connu.
Des défenseurs ont aussi prévenu que les résultats pourraient ne pas refléter tout le monde. Kendrick a noté qu’un parent qui remplit le recensement peut ne pas connaître l’orientation sexuelle d’un enfant ou choisir de ne pas l’indiquer. Smith a dit que certaines personnes pourraient aussi hésiter à partager des informations si elles s’inquiètent de l’utilisation des données ou d’éventuels changements du climat politique.
Pour les organismes de l’Î.-P.-É., le prochain test sera de voir si les nouvelles données du recensement se traduisent par une meilleure visibilité et un appui concret, tout en gardant leurs limites en tête.
Commentaires (0)