Les coûts d’emprunt du gouvernement britannique ont nettement augmenté mardi, le rendement des gilts à 10 ans atteignant brièvement 5.13% dans un contexte d’incertitude autour du Premier ministre Sir Keir Starmer.
Les coûts d’emprunt du gouvernement britannique ont bondi mardi, le taux de référence à 10 ans atteignant brièvement 5.13%, des niveaux proches de ceux observés lors de la crise financière mondiale de 2008, alors que l’incertitude autour du Premier ministre Sir Keir Starmer a déstabilisé les investisseurs.
Ce mouvement importe parce que des rendements des gilts plus élevés peuvent augmenter le coût d’emprunt de l’État et se répercuter sur des segments plus larges de l’économie, notamment les taux hypothécaires à taux fixe. La pression est intervenue alors que les marchés craignaient déjà que les prix du pétrole, poussés au‑dessus de $100 le baril par la guerre en Iran, puissent maintenir l’inflation à un niveau élevé et provoquer de nouvelles hausses des taux d’intérêt.
L’indice principal britannique, le FTSE 100, a reculé de 0,5 %, les actions des banques britanniques étant parmi les plus touchées. La livre sterling a également chuté de 0,5 % face au dollar, à $1.35.
Les coûts d’emprunt ont augmenté plus largement pour les gouvernements depuis le choc des prix du pétrole, mais le Royaume‑Uni connaît des taux plus élevés que des économies de taille comparable. Les analystes ont déclaré que les investisseurs se concentraient sur la possibilité qu’un changement à la tête du Parti travailliste entraîne une approche plus laxiste en matière de dépenses publiques et d’endettement.
Le Premier ministre Sir Keir Starmer et la chancelière Rachel Reeves ont à plusieurs reprises promis de respecter des règles d’emprunt « iron clad » dans le but de rassurer les marchés sur la crédibilité de leurs plans économiques. Certains députés travaillistes de la gauche du parti, toutefois, ont remis en question l’adéquation des règles budgétaires du Royaume‑Uni pour un renouvellement à long terme.
Les analystes de Capital Economics ont déclaré que la UK’s “already fragile fiscal position” signifiait que les investisseurs seraient alertes à des signes d’assouplissement budgétaire, ajoutant que les alternatives probables à Starmer et Reeves ne seraient probablement pas perçues comme également disciplinées sur les dépenses publiques.
Anna Macdonald, directrice de la stratégie d’investissement chez Hargreaves Lansdown, a dit que le marché obligataire avait été déstabilisé par la possibilité qu’un autre premier ministre puisse changer de cap sur les règles d’emprunt. Elle a expliqué que cela pousserait les investisseurs, y compris les acheteurs étrangers qui représentent environ 25% à 30% des achats d’obligations d’État britanniques, à exiger une prime de risque plus élevée.
Les obligations d’État, appelées gilts au Royaume‑Uni, sont le moyen par lequel l’État emprunte auprès des investisseurs lorsque les dépenses dépassent les recettes fiscales. Le rendement est le taux d’intérêt effectif exigé par les investisseurs pour prêter de l’argent. Mardi, les rendements ont augmenté sur les gilts à deux, cinq, 10 et 30 ans, le taux à 30 ans atteignant 5.80%, son plus haut niveau depuis 1998.
La prochaine épreuve pour les marchés sera de savoir si le gouvernement peut rétablir la confiance dans ses plans budgétaires tandis que les investisseurs continuent d’évaluer les risques combinés d’incertitude politique, de hausse des coûts de l’énergie et de pression inflationniste.
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