Bahreïn a retiré la citoyenneté à 69 personnes accusées de soutenir l'Iran, marquant une intensification de la répression sécuritaire après des frappes iraniennes dans le Golfe.
Bahreïn a révoqué la citoyenneté de 69 personnes accusées de soutenir l'Iran et d'entretenir des liens avec des entités étrangères, une escalade de la répression sécuritaire du royaume du Golfe après de récentes frappes iraniennes dans la région.
Le Ministry of Interior a annoncé la décision lundi, affirmant que les personnes visées avaient sympathisé avec ou glorifié les attaques iraniennes et avaient « collaboré avec des entités étrangères ». Les responsables ont dit que l'ordre visait certaines personnes apparentées et que les 69 étaient « of non-Bahraini origin », une désignation appliquée dans le reportage aux personnes généralement considérées comme naturalisées plutôt que nées citoyennes.
La mesure importe au-delà du nombre immédiat de cas parce que la révocation de la citoyenneté est l'un des outils les plus sévères dont dispose l'État. Les autorités bahreïnies ont présenté l'action comme une mesure de sécurité nationale en vertu d'une loi permettant de retirer la nationalité à des personnes considérées comme ayant nui au pays ou violé des obligations de loyauté. Des défenseurs des droits ont déclaré que le gouvernement n'avait pas démontré que les personnes ciblées avaient bénéficié de protections juridiques effectives.
Le Bahrain Institute for Rights and Democracy, basé à Londres, a déclaré que les individus n'avaient pas été identifiés publiquement et qu'il était difficile de savoir s'ils avaient été détenus, s'ils se trouvaient à l'intérieur de Bahreïn ou à l'étranger, et s'ils détenaient une autre nationalité. Sayed Ahmed Alwadaei, directeur du plaidoyer du groupe, a qualifié la mesure de « le début d’une dangereuse ère de répression » et a dit que les décisions avaient été imposées sans garanties juridiques ni droit d'appel.
Les révocations ont suivi une directive du roi Hamad bin Isa Al Khalifa ordonnant aux responsables d'agir contre ceux accusés de trahir la nation ou de compromettre sa sécurité et sa stabilité, notamment en examinant s'ils devaient conserver leur citoyenneté.
L'action de Bahreïn intervient après que l'Iran a lancé des frappes de missiles et de drones contre des États du Golfe, en riposte à des attaques contre l'Iran menées par Israël et les États-Unis. Ces frappes auraient endommagé des sites militaires américains dans la région, y compris une installation de la Navy à Bahreïn, qui accueille la U.S. Navy’s Fifth Fleet. L'Iran a accusé les pays visés d'avoir permis que des frappes américaines soient lancées depuis leur territoire.
L'Iran a interrompu ses attaques contre ses voisins du Golfe le 9 avril après un cessez-le-feu négocié par le Pakistan, selon le reportage, tandis que des négociations pour mettre fin au conflit plus large se poursuivaient plusieurs semaines plus tard. Bahreïn et l'Iran entretiennent depuis longtemps des relations tendues, et des responsables bahreïnis ont accusé Téhéran de soutenir des réseaux militants et des troubles au sein du royaume.
La décision sur la citoyenneté s'inscrit également dans une campagne plus large que les autorités décrivent comme visant des opérations d'influence soutenues par l'Iran. Les responsables ont lié des arrestations et des poursuites à des allégations selon lesquelles des personnes auraient partagé des vidéos des frappes iraniennes, publié du contenu pro-iranien ou communiqué avec des groupes étrangers. Par ailleurs, Bahreïn a condamné cinq personnes à la prison à perpétuité et 25 autres à 10 ans pour des accusations liées à l'espionnage pour le compte de l'Iran ou au soutien à des « actes terroristes » iraniens, selon le reportage fourni.
Pour l'heure, les questions centrales sans réponse sont : qui sont ces 69 personnes, quel processus judiciaire leur a été appliqué et si certaines seront laissées apatrides. Ces détails détermineront jusqu'où la dernière décision ira au-delà de la justification sécuritaire avancée par Bahreïn.
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