Les autorités sanitaires enquêtent sur une épidémie suspectée de hantavirus à bord du MV Hondius après le décès de trois passagers et plusieurs cas de maladie.
Une épidémie suspectée de hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius battant pavillon néerlandais a fait trois morts parmi les passagers et au moins trois autres personnes malades, tandis que le navire reste sous mesures de santé publique près du Cap-Vert, selon l’Organisation mondiale de la santé, des responsables de la santé sud-africains et l’exploitant du navire.
L’OMS a indiqué qu’au moins une infection à hantavirus liée a été confirmée par des analyses de laboratoire et que cinq autres cas sont suspectés. La cause de chacun des décès n’a pas été confirmée publiquement, et les autorités précisent que des examens complémentaires, des investigations épidémiologiques et le séquençage du virus sont toujours en cours.
Le navire transportait 149 personnes de 23 nationalités, dont 88 passagers et 61 membres d’équipage, a indiqué Oceanwide Expeditions. Dix-sept passagers sont des Américains. Les autorités cap-verdiennes n’ont pas autorisé les personnes à quitter le navire et ont, pour l’instant, déclaré qu’il ne serait pas autorisé à accoster en raison de préoccupations de santé publique.
Le Hondius a quitté l’Argentine environ trois semaines plus tôt pour un voyage comprenant l’Antarctique, les îles Malouines et d’autres escales, avant un itinéraire prévu vers les îles Canaries (Espagne), a indiqué le ministère de la Santé d’Afrique du Sud.
Le premier passager décédé était un Néerlandais de 70 ans dont le corps a été débarqué à Sainte-Hélène, un territoire britannique de l’Atlantique Sud. Oceanwide Expeditions a indiqué qu’il est décédé le 11 avril et que sa cause de décès n’a pas pu être déterminée à bord. Sa femme s’est ensuite effondrée dans un aéroport en Afrique du Sud alors qu’elle tentait de rentrer aux Pays-Bas et est décédée dans un hôpital voisin, selon des responsables sud‑africains.
Un troisième passager, identifié par l’exploitant comme un ressortissant allemand, est décédé le 2 mai. La société a indiqué que la dépouille de ce passager se trouvait toujours à bord. Oceanwide Expeditions a précisé que la personne en soins intensifs à Johannesburg est à ce jour le seul cas de hantavirus confirmé lié à la croisière.
Le patient en soins intensifs est un ressortissant britannique tombé malade près de l’île de l’Ascension après le départ du navire de Sainte‑Hélène et transféré en Afrique du Sud, selon le ministère sud‑africain de la Santé. L’OMS a indiqué qu’elle travaillait également avec les autorités à l’évacuation de deux personnes symptomatiques depuis le navire. Oceanwide Expeditions a déclaré que les deux personnes malades encore à bord étaient des membres d’équipage présentant des symptômes respiratoires et nécessitant des soins médicaux urgents.
Le Cap‑Vert a dépêché du personnel médical sur le navire, notamment des médecins, une infirmière et un spécialiste de laboratoire, selon un responsable de l’OMS au Cap‑Vert. Des préparatifs étaient en cours pour d’éventuelles évacuations médicales, et le ministère néerlandais des Affaires étrangères envisageait également d’évacuer certaines personnes du navire.
Le Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a déclaré : « Le risque pour le grand public demeure faible. Il n’y a pas lieu de paniquer ni d’imposer des restrictions de voyage. »
Les hantavirus sont une famille de virus présents dans le monde entier et se transmettent principalement par contact avec des rongeurs infectés ou leurs urines ou excréments. L’OMS a indiqué que la transmission interhumaine peut survenir rarement. Ces virus peuvent provoquer des formes graves, notamment des atteintes respiratoires, et il n’existe pas de traitement spécifique ni de cure, bien qu’une prise en charge précoce puisse améliorer les chances de survie.
Oceanwide Expeditions a indiqué que des précautions strictes sont en place à bord du Hondius, notamment l’isolement, des protocoles d’hygiène et une surveillance médicale. Le National Institute for Communicable Diseases d’Afrique du Sud effectue un traçage des contacts dans la région de Johannesburg afin de déterminer si d’autres personnes ont pu être exposées. Les prochaines informations clés sont attendues des analyses de laboratoire, des décisions d’évacuation et de l’évaluation des risques appuyée par l’OMS actuellement en cours.
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