Un rapport avertit que le Royaume‑Uni risque une « génération perdue » alors que le chômage et l’inactivité chez les jeunes augmentent, avec un coût annuel estimé à 125 milliards de livres.
Le Royaume‑Uni fait face à une crise croissante de l’emploi des jeunes qui pourrait coûter au pays environ 125 milliards de livres par an, selon un rapport intérimaire qui met en garde contre une « tempête parfaite » de pressions touchant les 16‑ à 24‑ans.
Le rapport, dirigé par l’ancien ministre Alan Milburn, affirme que les systèmes d’éducation, de santé et d’aide sociale ne préparent plus correctement les jeunes à la vie adulte. Il intervient alors que les chiffres officiels montrent que 1,012,000 jeunes n’étaient ni en formation, ni en emploi, ni en éducation entre janvier et mars 2026 — 13.5 % de l’ensemble des jeunes au Royaume‑Uni et le niveau le plus élevé depuis plus de 12 ans.
Milburn a averti que le pays « était à risque d’une génération perdue », un jeune sur six étant projeté hors emploi, éducation ou formation d’ici 2031 à moins qu’une action urgente ne soit prise. Son rapport intérimaire ne présente pas de recommandations ; celles‑ci sont attendues dans un rapport final ultérieur.
Le rapport estime le coût annuel des jeunes hors emploi, éducation ou formation à 125 milliards de livres, incluant le potentiel économique perdu, les « cicatrices » à long terme qui réduisent les perspectives d’emploi futures, des recettes fiscales moindres et des dépenses plus élevées en santé et prestations. Le total est décrit comme supérieur aux dépenses annuelles consacrées à l’éducation en Angleterre.
Les conclusions remettent en cause l’idée que la hausse soit due au choix des jeunes de ne pas travailler. Le rapport indique que six jeunes sur dix du groupe n’ont jamais eu d’emploi, contre quatre sur dix en 2005, tandis que 84 % des personnes interrogées ont déclaré vouloir travailler ou suivre une formation.
Milburn a déclaré qu’il n’existait pas de cause unique. Le rapport évoque les effets de la pandémie de Covid, le marché du travail actuel, les smartphones et la hausse des problèmes de santé mentale, notamment l’anxiété et le TDAH, tout en précisant qu’il n’y a aucune preuve liant la migration au chômage des jeunes.
Le marché du travail lui‑même est aussi devenu moins accessible pour les primo‑entrants. Le rapport indique que les emplois de niveau moyen et inférieur ont diminué d’environ 1.6 million au cours des 20 dernières années, tandis que les offres dans l’hôtellerie ont été divisées par deux au cours des quatre dernières années, selon des données de l’ONS citées dans le rapport.
Le secrétaire au Travail et aux Pensions, Pat McFadden, a déclaré que le rapport mettait « à nu l’ampleur du défi » et que le gouvernement présentait des réformes pour l’emploi des jeunes destinées à créer 500,000 opportunités, notamment une Youth Jobs Grant pour les entreprises, davantage d’apprentissages et des emplois subventionnés.
La secrétaire fantôme au Travail et aux Pensions, Helen Whately, a critiqué l’approche du gouvernement, affirmant que Labour avait rendu plus difficile pour les jeunes de faire leur premier pas vers l’emploi.
Le prochain test sera de savoir si le rapport final de Milburn transformera cet avertissement en un ensemble de mesures capables d’atteindre les jeunes qui veulent un emploi ou une formation mais peinent à obtenir leur première insertion.
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