La première estimation publique du Pentagone évalue la guerre avec l’Iran à 25 milliards de dollars, mais les élus ont interpellé les responsables sur les coûts économiques plus larges et l’absence de date de fin.
WASHINGTON — Le Pentagone a déclaré au Congrès cette semaine que la guerre avec l’Iran a coûté environ 25 milliards de dollars jusqu’à présent, offrant son premier chiffrage public pour un conflit que les élus jugent encore mal expliqué et loin d’être entièrement comptabilisé.
L’estimation, communiquée mercredi par le contrôleur par intérim du Pentagone, Jay Hurst, lors d’une audition du Comité des services armés de la Chambre, est immédiatement devenue le centre d’un débat plus large sur ce qui compte comme coût de la guerre. Les responsables de la défense ont décrit ce chiffre comme un total militaire courant, largement lié aux armes tirées et aux dépenses opérationnelles. Les démocrates et certains économistes extérieurs ont soutenu qu’il exclut des coûts majeurs déjà ressentis par les ménages, les marchés et les forces américaines à l’étranger.
Hurst est apparu aux côtés du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du président de l’état-major interarmées, le général Dan Caine, lors d’une audition officiellement axée sur la demande de budget d’environ 1,5 billion de dollars du ministère de la Défense pour l’année prochaine. La guerre avec l’Iran, décrite par les sources comme vieille d’environ deux mois et entrant dans son troisième mois, a dominé les questions.
Hurst a déclaré que le département travaillerait avec la Maison-Blanche sur une demande de fonds supplémentaires une fois qu’il aurait une évaluation plus complète et a promis aux élus une ventilation plus détaillée. L’estimation de 25 milliards de dollars, a-t-il dit, reflète « les munitions consommées » et d’autres coûts opérationnels. En mars, des responsables du Pentagone avaient dit au Congrès que la guerre avait coûté 11,3 milliards de dollars au cours de ses six premiers jours.
Les élus ont contesté la question de savoir si le nouveau chiffre donne au public une idée significative de la facture. Le représentant Adam Smith (Washington), principal démocrate du comité, a interrogé Hegseth sur la stratégie de l’administration et l’absence d’un point final clair. Le sénateur Chris Coons (Delaware) a dit être « franchement certain » que le chiffre de 25 milliards de dollars était bas, soutenant qu’il ne pouvait représenter le coût total du déploiement et du maintien des forces américaines dans la région.
Le représentant Ro Khanna (Californie) a poussé le désaccord plus loin, affirmant que le coût économique plus large pourrait atteindre environ 631 milliards de dollars, soit environ 5 000 dollars par ménage, en raison de la hausse des prix de l’essence et des aliments. L’économiste de Harvard Linda Bilmes a projeté que le coût total pourrait finalement atteindre 1 billion de dollars, citant l’histoire des guerres américaines qui coûtent bien plus que les premières estimations gouvernementales une fois les soins aux vétérans, le remplacement des armes et d’autres obligations à long terme inclus.
Ces chiffres ne sont pas du même type d’estimation. Le chiffre du Pentagone est une somme directe des dépenses de guerre provenant des responsables de la défense. Les estimations supérieures tentent de saisir les conséquences économiques plus larges, y compris les chocs énergétiques et les obligations futures. Cet écart est au cœur du débat auquel le Congrès est désormais confronté : la dépense publique doit-elle être mesurée par le registre courant du Pentagone ou par le fardeau plus large pesant sur l’économie américaine et les contribuables ?
L’effet de la guerre sur les marchés de l’énergie a exacerbé cet argument. Avec l’Iran contrôlant le détroit d’Ormuz et les États-Unis appliquant leur propre blocus, le trafic pétrolier et commercial dans le golfe a été gravement perturbé. Les prix de l’essence aux États-Unis ont grimpé à 4,23 $ le gallon, selon le reportage capturé, tandis que le pétrole Brent s’est négocié au-dessus de 120 $.
Il subsiste aussi des questions non résolues sur les dégâts aux installations américaines et la pression sur les stocks d’armes. Hegseth a refusé de dire si l’estimation de 25 milliards de dollars inclut les réparations des bases américaines. Hurst a dit que le département n’avait pas encore de chiffre final pour les dommages aux installations à l’étranger. Le président du comité, Mike Rogers, républicain, a averti que les stocks mondiaux de munitions sont bas et que les États-Unis n’ont pas la capacité de les reconstituer rapidement.
Hegseth a défendu l’approche de l’administration et a accusé les critiques au Congrès d’utiliser « des mots imprudents, inefficaces et défaitistes. » Il a aussi déclaré que les installations nucléaires de l’Iran avaient été « anéanties », tout en reconnaissant que l’Iran n’avait pas renoncé à ses ambitions nucléaires. NPR a rapporté que Hegseth n’a pas dit quand la guerre pourrait se terminer.
Il reste donc au Congrès une estimation partielle, des définitions concurrentes du coût et aucun calendrier ferme. Le prochain test sera de savoir si la ventilation promise par le Pentagone et toute demande de fonds supplémentaires clarifieront ce que couvrent les 25 milliards de dollars — et ce qui en reste exclu.
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