Un deuxième lot de dossiers sur Mandelson a révélé du nouveau matériel sur sa nomination comme ambassadeur aux États‑Unis tout en laissant d’importantes questions sans réponse sur des messages, les vérifications de sécurité et Jeffrey Epstein.
Un nouveau lot de documents rendus publics sur la nomination de Lord Mandelson comme ambassadeur du Royaume‑Uni aux États‑Unis a enrichi le dossier public tout en laissant d’importantes lacunes concernant des messages privés, des avis de vérification et ses déclarations au sujet de Jeffrey Epstein.
La publication représente plus de 1 500 pages et fait suite à un vote en février des députés demandant davantage d’informations sur les discussions en coulisses qui ont conduit à la nomination de Mandelson. Il a été démis de ses fonctions l’an dernier par Sir Keir Starmer après des révélations aux États‑Unis sur l’étendue de sa relation avec Epstein, le défunt délinquant sexuel condamné.
Les dossiers comprennent plus de 160 pages de messages et de WhatsApps entre Mandelson et des ministres et responsables gouvernementaux. Mais ils n’incluent pas les éléments provenant du téléphone personnel de Mandelson après qu’il a refusé la demande des responsables de le leur remettre.
Seuls six messages entre Mandelson et Starmer apparaissent dans le matériel publié, portant sur deux brefs échanges au sujet de la campagne à Bury avant les élections générales et des éloges pour l’ancien premier ministre conservateur John Major. Downing Street a confirmé mardi que le premier ministre utilise la fonction de messages éphémères sur son téléphone, et a refusé de dire si Starmer avait supprimé des messages qui auraient pu figurer dans les documents publiés. Un porte‑parole a déclaré que l’utilisation de la fonction était autorisée tant que cela n’affectait pas “record-keeping or transparency”, et a affirmé que Starmer avait remis toutes les communications pertinentes disponibles pour lui.
Des lacunes subsistent également autour de Morgan McSweeney, l’ancien chef de cabinet de Starmer, qui a démissionné après le renvoi de Mandelson alors que son rôle dans le soutien à la nomination faisait l’objet d’un examen. McSweeney a signalé que son téléphone de travail avait été volé l’an dernier, et la police indique qu’il n’a pas été retrouvé. Le ministre du Cabinet Office, Nick Thomas‑Symonds, a aussi déclaré que son téléphone personnel avait été volé l’an dernier et qu’il aurait contenu des messages avec Mandelson; un allié a dit qu’il avait partagé le détail des messages dont il se souvenait. Certains messages publiés ont été expurgés pour des raisons de sécurité nationale ou diplomatiques.
Le gouvernement a dit que Mandelson avait obtenu une habilitation de sécurité du Foreign Office malgré une recommandation défavorable de United Kingdom Security Vetting. Downing Street a affirmé que ni Starmer ni aucun autre ministre ne savaient cela à l’époque. Les derniers documents comprennent une version modèle vierge du formulaire de vérification mais pas le formulaire rempli de Mandelson ni un résumé de sa vérification, qui serait de neuf pages.
Les dossiers publiés n’incluent pas non plus la déclaration d’intérêts complétée de Mandelson, y compris d’éventuels conflits et les mesures convenues pour les gérer. Ils n’incluent pas non plus ses réponses à trois questions de suivi que McSweeney a posées lors des vérifications préalables au sujet de sa relation avec Epstein. McSweeney a dit que ces documents figurent parmi les éléments retenus à la demande de la Metropolitan Police, qui enquête sur Mandelson pour des allégations de faute dans l’exercice des fonctions publiques. Mandelson nie toute faute, et la BBC a rapporté que, selon lui, il a répondu avec exactitude aux questions de vérification concernant Epstein.
Un autre fil non résolu concerne les messages de Mandelson avec Lord Matthew Doyle, alors chef des communications de No 10, au sujet du projet d’accord britannique sur les îles Chagos. Le 18 January 2025, lors d’une discussion sur les relations américano‑britanniques peu avant l’investiture du président Trump, Mandelson a écrit : “I am getting very worried about Chagos.” Les cinq messages suivants sont expurgés.
L’accord sur les Chagos aurait cédé la souveraineté à Maurice tout en permettant au Royaume‑Uni de reprendre en location la base militaire de Diego Garcia pour une moyenne de £101m par an. L’accord a depuis été abandonné après que les États‑Unis n’ont pas confirmé formellement leur approbation.
Les dossiers fournissent un plus vaste dossier documentaire du processus de nomination, mais les questions centrales portent désormais sur ce qui reste en dehors de la publication : matériel téléphonique manquant, appareils non retrouvés, dossiers de vérification non divulgués, réponses sur Epstein retenues et échanges diplomatiques expurgés.
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