L’ISC affirme que certains documents sur la nomination de Mandelson sont retenus aux députés, tandis que le gouvernement dit qu’il publiera bientôt le maximum possible.
Certains documents liés à la nomination de Lord Mandelson au poste d’ambassadeur du Royaume‑Uni aux États‑Unis sont retenus aux députés, a indiqué l’Intelligence and Security Committee, ce qui accentue un différend sur la transparence entourant la gestion de cette nomination.
Lord Beamish, qui préside le comité chargé d’examiner les documents sensibles dans ce dossier, a indiqué que le dossier d’habilitation de sécurité de Lord Mandelson était un exemple de document qui n’avait pas été transmis par la procédure parlementaire. Il a reconnu que le gouvernement pouvait avoir des raisons légitimes de retenir certaines informations, mais a soutenu que les ministres n’ont pas le pouvoir de le faire sans solliciter l’aval des députés.
Le Cabinet Office a indiqué que le gouvernement « travaille à publier le plus de documents possible dès que possible » et qu’il prend au sérieux à la fois ses obligations envers le Parlement et la protection de la sécurité nationale.
Le différend découle d’un vote tenu en février, au cours duquel des députés ont utilisé un mécanisme parlementaire appelé « humble address » pour obliger le gouvernement à publier des documents liés à la nomination de Lord Mandelson. Les ministres s’y sont d’abord opposés, invoquant des risques pour la sécurité nationale et les relations diplomatiques, avant de convenir que les documents sensibles seraient d’abord examinés par l’ISC. Une première tranche de documents a été publiée en mars.
Dans une déclaration, Lord Beamish a indiqué que le comité s’était désormais prononcé sur l’ensemble des caviardages demandés par le gouvernement pour les 337 documents qui lui ont été transmis. Il a ajouté qu’il appartenait maintenant au gouvernement de publier ces documents dans un délai de 28 jours de séance.
Mais il a aussi exprimé des préoccupations quant à l’ampleur des caviardages et à l’exhaustivité du matériel transmis au comité. Selon lui, le gouvernement caviarde les documents de manière trop large, notamment en ce qui concerne les renseignements personnels, et aucun organisme n’a été chargé d’assurer au Parlement que ces caviardages correspondaient bien à l’intention du « humble address ».
Lord Beamish a également critiqué l’ampleur des affaires gouvernementales semblant se dérouler sur des systèmes non officiels, en soulignant de longs échanges sur WhatsApp impliquant de hauts fonctionnaires et des ministres. Selon lui, cette pratique risque de compromettre la piste d’audit, ce qu’il a jugé inacceptable au sein du gouvernement.
Des figures de l’opposition se sont emparées des critiques du comité. Le ministre fantôme conservateur Alex Burghart a accusé le Labour de tenter de soustraire des documents au Parlement, tandis que le chef des Liberal Democrats, Sir Ed Davey, a demandé pourquoi le gouvernement cherchait à retenir des éléments.
Sir Keir Starmer a annoncé la nomination de Lord Mandelson au poste à Washington en décembre 2024, affirmant qu’il apporterait « une expérience inégalée au poste ». Lord Mandelson a ensuite été limogé après de nouvelles révélations sur son amitié de longue date avec Jeffrey Epstein, le délinquant sexuel condamné. Lord Mandelson a qualifié cette amitié de « terrible erreur » tout en affirmant n’avoir rien vu qui lui fasse soupçonner les crimes d’Epstein.
Le prochain test sera de voir quelle part du matériel restant le gouvernement publiera et si les ministres demanderont l’autorisation du Parlement pour tout document ou tout détail qu’ils souhaitent encore soustraire au regard du public.
Commentaires (0)