Le ministre iranien des Affaires étrangères affirme que la méfiance envers Washington bloque la diplomatie, alors que Trump revendique le contrôle américain du détroit d’Ormuz et vante des gains militaires.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré vendredi que Téhéran « ne peut absolument pas faire confiance aux Américains », jetant un doute sur les perspectives d’un règlement négocié alors que le président Trump affirmait que les États-Unis contrôlent le détroit d’Ormuz et soutenait que de lourds dégâts avaient été infligés à l’appareil militaire iranien.
Ces déclarations contradictoires soulignent la fragilité de l’ouverture diplomatique après des semaines de conflit et un cessez-le-feu que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié de « fragile ». Le détroit d’Ormuz, voie maritime essentielle du Golfe, demeure au cœur du différend, et les perturbations exercent déjà une pression sur les marchés du pétrole et du gaz ainsi que sur les importateurs d’énergie.
Lors d’une conférence de presse à New Delhi, en marge d’une réunion des BRICS, Araghchi a indiqué que l’Iran tentait de préserver le cessez-le-feu « pour donner une chance à la diplomatie » et a présenté la méfiance envers les États-Unis comme le principal obstacle à toute discussion. Il a ajouté que tout accord devrait être précis et clairement défini avant que Téhéran puisse l’accepter.
Araghchi a aussi affirmé que le détroit d’Ormuz est ouvert et que les navires peuvent y passer, à l’exception de ceux des pays que l’Iran considère en guerre contre lui. Dans un autre compte rendu de ses propos, il a dit que Téhéran n’accepterait qu’un accord « équitable et équilibré ».
Trump, s’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One après un sommet avec le président chinois Xi Jinping, a présenté une lecture très différente du rapport de force. « Nous contrôlons le détroit », a-t-il déclaré, ajoutant que le blocus américain avait été efficace et que l’Iran n’avait « fait aucun commerce ».
Le président a aussi dit : « Nous avons en gros anéanti leurs forces armées », une affirmation qui n’était pas vérifiée de manière indépendante dans les comptes rendus fournis. Il a laissé entendre que les États-Unis pourraient encore devoir faire « un peu de nettoyage » après ce qu’il a décrit comme un cessez-le-feu d’un mois.
Trump a indiqué que Xi « estime fermement » que l’Iran ne devrait pas disposer de l’arme nucléaire et souhaite l’ouverture du détroit. Le président a ajouté qu’il pourrait accepter une suspension de 20 ans du programme nucléaire iranien seulement si Téhéran prenait ce qu’il a appelé un engagement réel.
Les répercussions régionales plus vastes ont continué de mobiliser d’autres gouvernements. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré, après un appel avec Trump, que l’Iran devait revenir à la table des négociations, ouvrir le détroit d’Ormuz et ne pas être autorisé à obtenir l’arme nucléaire. Le premier ministre indien Narendra Modi, en visite aux Émirats arabes unis, a qualifié le maintien d’Ormuz « libre, ouvert et sécuritaire » de priorité absolue, alors que l’Inde faisait face à la hausse des prix de l’essence et du diesel.
Les marchés financiers ont aussi reflété ces tensions. Les actions américaines ont reculé par rapport à des sommets historiques vendredi, alors que la hausse des prix du pétrole ébranlait les investisseurs; le S&P 500, le Dow Jones Industrial Average et le Nasdaq étaient tous en baisse à la mi-journée.
La voie immédiate pour la diplomatie demeure incertaine. L’Iran dit laisser une porte ouverte aux négociations, mais ne fait pas confiance à Washington; Trump affirme que les États-Unis maîtrisent la campagne de pression et veulent des concessions fermes sur le nucléaire. La question est maintenant de savoir si ces positions peuvent être réunies dans un même cadre de négociation, ce qui pèse sur le cessez-le-feu.
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