L'Iran n'a pas répondu formellement à la dernière proposition des États‑Unis visant à mettre fin à la guerre, mais ses signes publics laissent penser qu'un large fossé subsiste entre Téhéran et Washington, alors que les deux camps affirment que le fragile cessez‑le‑feu ne s'est pas effondré.
La proposition est revenue au centre de l'attention après que des forces américaines et iraniennes ont échangé des tirs autour du détroit d'Hormuz, la voie navigable cruciale au cœur tant du face‑à‑face militaire que de la diplomatie. Les combats ont accentué la pression sur des négociations déjà focalisées sur certains des sujets les plus difficiles entre les deux pays : le programme nucléaire iranien, les sanctions américaines, les avoirs gelés de l'Iran et les garanties de sécurité contre de futures attaques.
Une proposition axée sur des limites nucléaires
Le dernier plan américain, décrit dans des articles de presse cités par Al Jazeera, est un document en 14 points qui exigerait que l'Iran accepte de ne pas développer d'arme nucléaire et de suspendre tout enrichissement d'uranium pendant au moins 12 ans. Il obligerait également Téhéran à remettre environ 440kg, ou 970lb, d'uranium enrichi à 60 percent.
En échange, Washington lèverait progressivement les sanctions, libérerait des milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés et lèverait son blocus naval des ports iraniens. Le plan prévoit aussi que les deux parties rouvrent le détroit d'Hormuz dans les 30 jours suivant la signature.
Ces termes touchent au cœur des objections publiques de l'Iran. Téhéran a longtemps insisté pour conserver le droit d'enrichir l'uranium en vertu du Treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons. Dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015, l'Iran était autorisé à enrichir l'uranium à 3.67 percent pour un programme nucléaire civil. La nouvelle exigence américaine, telle que décrite dans les reportages, ramènerait l'enrichissement à zéro pendant une longue période.
L'Iran dit qu'il examine toujours l'offre
Les responsables iraniens n'ont pas donné de réponse formelle. Un porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que la proposition était encore à l'étude, selon le reportage d'Al Jazeera depuis Téhéran. Des informations selon lesquelles une réponse était attendue par l'intermédiaire de médiateurs pakistanais n'ont pas été confirmées.
La réaction publique de hauts responsables iraniens a été sceptique. Ebrahim Rezaei, député et porte‑parole de la commission des affaires étrangères et de la sécurité nationale du Parlement, a qualifié le texte de « plus une liste de souhaits américaine qu'une réalité. » Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf s'est moqué des reportages affirmant que les deux parties étaient proches d'un accord, écrivant en anglais sur les réseaux sociaux : "Operation Trust Me Bro failed."
Le canal diplomatique n'est toutefois pas fermé. Resul Serdar Atas d'Al Jazeera a rapporté depuis Téhéran que les efforts de médiation semblent se poursuivre malgré la confrontation militaire, tandis que des responsables iraniens décrivent plusieurs demandes américaines comme déraisonnables, irréalistes et maximalistes.
Les affrontements dans le détroit d'Hormuz n'ont pas mis fin au cessez‑le‑feu
Le dernier échange militaire a souligné l'instabilité de la trêve. L'armée iranienne a déclaré que des forces américaines ont ciblé un tanker pétrolier iranien en eaux côtières et un autre navire près du port de Fujairah aux Émirats arabes unis, et a affirmé que des frappes aériennes américaines ont touché des zones civiles dans le sud de l'Iran. Les États‑Unis ont dit que leurs forces navales ont été la cible d'attaques iraniennes par missiles, drones et vedettes rapides dans le détroit d'Hormuz et ont répondu en éliminant les menaces entrantes et en frappant des installations militaires iraniennes impliquées dans des attaques contre des forces américaines.
Aucune des deux parties n'a annoncé la fin du cessez‑le‑feu. Le secrétaire à la Défense des États‑Unis Pete Hegseth a déclaré plus tôt cette semaine que « the ceasefire is not over, » soutenant que l'effort de Washington pour escorter des navires commerciaux à travers le détroit d'Hormuz est distinct du conflit plus large sur les ambitions nucléaires de l'Iran. Le président des chefs d'état‑major interarmées Dan Caine a dit que les attaques iraniennes depuis l'annonce du cessez‑le‑feu restaient en deçà du seuil nécessaire pour relancer des opérations de combat majeures.
Hegseth a décrit le blocus américain des ports iraniens en termes larges, affirmant que les États‑Unis avaient créé une « powerful red, white, and blue dome » et que l'Iran ne contrôle plus le détroit d'Hormuz. Ces remarques soulignent pourquoi la voie navigable reste un point central de négociation, pas seulement un point d'éclair militaire.
Plusieurs propositions, peu de points réglés
Le dernier plan américain suit une série de propositions et de contre‑propositions. L'Iran a soumis sa propre proposition en 14 points via le Pakistan la semaine dernière, après un plan en neuf points soutenu par Washington qui portait principalement sur un cessez‑le‑feu de deux mois. La proposition de Téhéran cherchait à aller au‑delà de l'extension de la trêve et à résoudre toutes les questions en 30 jours.
L'Iran a aussi demandé des garanties contre de futures attaques, le retrait des forces américaines autour de l'Iran, la levée des sanctions, la libération des avoirs gelés, des réparations de guerre, la fin des hostilités y compris au Liban, et un nouveau mécanisme pour le détroit d'Hormuz. Un précédent plan iranien en 10 points, soumis juste avant l'entrée en vigueur du cessez‑le‑feu, réclamait un passage sûr à travers Hormuz, un allégement des sanctions et la reconstruction. Le président Donald Trump avait qualifié cette proposition de significative mais « not good enough. »
La grande question non résolue est de savoir si l'une ou l'autre des parties est prête à faire des compromis sur le dossier nucléaire. L'analyste Negar Mortazavi a déclaré à Al Jazeera que Téhéran pourrait montrer plus de flexibilité après la fin du conflit, mais qu'il est peu probable qu'il remette directement de l'uranium enrichi aux États‑Unis. Ali Vaez, de l'International Crisis Group, a estimé que les deux camps pourraient avoir besoin soit de concessions douloureuses, soit d'un langage volontairement vague pour parvenir à un cadre. Chris Featherstone, de l'université de York, a dit que l'Iran a peu montré d'appétence pour de grandes concessions, en partie parce qu'il ne fait pas confiance à l'administration Trump pour respecter ses engagements.
Pour l'instant, la réponse formelle de l'Iran reste le prochain point de pression. Une réponse qui accepterait de négocier sur l'enrichissement, l'allégement des sanctions et les garanties de sécurité pourrait maintenir la diplomatie en mouvement ; un refus des principales demandes américaines laisserait le cessez‑le‑feu reposant sur une marge de retenue de plus en plus étroite dans le détroit d'Hormuz.
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