Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a rencontré le président russe Vladimir Poutine alors que Téhéran intensifiait une série d’initiatives diplomatiques régionales après l’échec des pourparlers entre les États‑Unis et l’Iran et l’annulation d’un voyage prévu d’envoyés américains au Pakistan.
La rencontre remet la Russie au centre des efforts pour gérer le conflit au Moyen‑Orient, même si les reportages disponibles n’indiquent pas de percée claire. Les points de pression immédiats demeurent un possible règlement politique entre Washington et Téhéran, le statut d’un cessez‑le‑feu et les perturbations autour du détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes d’énergie les plus importantes au monde.
Araghchi est arrivé en Russie après des escales notamment au Pakistan et à Oman, selon des reportages citant les médias d’État iraniens. Des médiateurs dirigés par le Pakistan tentent de réduire des écarts importants entre les États‑Unis et l’Iran, a dit à The Associated Press un responsable régional impliqué dans les pourparlers, sous couvert d’anonymat parce que la personne n’était pas autorisée à discuter des négociations.
Les pourparlers basculent après l’annulation du déplacement américain
Les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner devaient se rendre à Islamabad pour des pourparlers de paix, mais le président Donald Trump a déclaré qu’il avait annulé le voyage. Trump a dit à Fox News dimanche que toute négociation avec l’Iran pourrait se faire par téléphone, affirmant : “If they want to talk, they can come to us, or they can call us.”
Trump a également déclaré qu’une offre iranienne pour un accord de paix durable était « not enough », et a formulé la demande centrale des États‑Unis en termes catégoriques : “They cannot have a nuclear weapon. Otherwise there’s no reason to meet.”
Arrivé en Russie, Araghchi a imputé à Washington l’échec du précédent round au Pakistan, selon les médias d’État iraniens cités dans les mises à jour en direct de CBS. Il a dit que les positions américaines avaient fait échouer des pourparlers qui avaient progressé en raison de « excessive demands ».
Ces récits contradictoires soulignent l’incertitude qui entoure les négociations. Al Jazeera, dans un bref sujet vidéo, a décrit les États‑Unis et l’Iran comme affirmant chacun avoir l’avantage dans les négociations sur la guerre. Le dossier public des sources fournies n’établit pas quelle partie dispose de plus de levier, ni si une nouvelle série de pourparlers directs ou indirects est programmée.
La rencontre d’Araghchi avec Poutine fait suite à des reportages indiquant que la Russie a tenté d’éviter d’être directement entraînée dans le conflit tout en restant un acteur régional important. Le résumé de source du New York Times indiquait qu’Araghchi avait rencontré Poutine à Moscou ; les mises à jour de CBS, citant les médias d’État iraniens, ont dit que le ministre des Affaires étrangères se trouvait en Russie pour une rencontre avec Poutine et ont fait séparément référence à Saint‑Pétersbourg. Le lieu précis n’est pas établi dans le matériel fourni, mais le signal diplomatique est clair : l’Iran cherche un soutien de haut niveau et des canaux au‑delà de la voie pakistanaise bloquée.
La visite en Russie s’inscrit dans une série plus large d’appels et de déplacements. Araghchi s’est entretenu avec le ministre français des Affaires étrangères ainsi qu’avec le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, selon les médias d’État iraniens et le ministère qatari des Affaires étrangères. Le Qatar a indiqué que Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al‑Thani a exhorté à la poursuite de la médiation, à la liberté de navigation et à une voie pacifique vers un accord durable.
Ormuz renforce les enjeux
Le détroit d’Ormuz reste une préoccupation centrale parce qu’environ un cinquième du pétrole mondial transite normalement par ce passage, a déclaré le président et chef de la direction de Chevron, Mike Wirth, qui s’exprimait sur « Face the Nation » de CBS. Wirth a affirmé que le système énergétique mondial avait perdu « an incredible amount of flexibility » depuis le début de la guerre en Iran et a averti que la réouverture du détroit ne restaurerait pas instantanément les flux normaux.
Les prix du pétrole avaient augmenté alors que les marchés digéraient l’échec de la diplomatie sur le cessez‑le‑feu, avec le West Texas Intermediate et le Brent en nette hausse par rapport à leurs niveaux d’avant‑guerre, selon la mise à jour de CBS. Le même rapport indiquait que des pétroliers transportant du brut étaient bloqués dans le golfe Persique, incapables de transiter en toute sécurité par le détroit.
Pour l’heure, la diplomatie se déroule dans plusieurs capitales sans qu’un accord confirmé n’ait été conclu. Le prochain changement significatif serait soit la réouverture d’un canal de négociation entre Washington et Téhéran, soit une mesure concrète pour rouvrir les voies maritimes à travers Ormuz, soit un signe public que des médiateurs extérieurs ont rapproché les positions des deux parties.
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