Le président Trump a reporté la nomination de Jay Clayton au renseignement, affirmant vouloir que le Congrès associe une action sur la surveillance à un projet de loi sur l’identification des électeurs.
Le président Trump a déclaré mercredi qu’il retardait la nomination de Jay Clayton pour diriger la communauté du renseignement des États-Unis, présentant ce geste comme un moyen de pression dans un conflit autour d’un projet de loi sur l’identification des électeurs qui ne dispose pas actuellement du soutien nécessaire pour être adopté par le Congrès.
Dans un long message publié sur son site de réseau social, Trump a dit qu’il garderait Bill Pulte, un haut responsable américain du logement, comme directeur par intérim du renseignement national. La décision met en pause ce qui avait été un effort rapide pour faire avancer la candidature de Clayton, qui devait comparaître mercredi lors d’une audition de confirmation au Sénat.
Le retard intervient au milieu d’une impasse plus large portant sur un programme de surveillance arrivé à expiration et la volonté du président de lier son approbation à une législation électorale. Trump a accusé les démocrates d’avoir rompu un accord visant à renouveler le programme de surveillance après sa nomination de Clayton, puis a ajouté une nouvelle condition.
“I will not approve FISA without THE SAVE AMERICA ACT going along with it,” Trump a écrit, en faisant référence au programme de surveillance et au nom qu’il donne au projet de loi sur l’identification des électeurs.
Le Congrès contrôlé par les républicains n’a pas agi sur le projet de loi électoral parce qu’il ne dispose pas d’un soutien suffisant dans l’une ou l’autre chambre, notamment parmi les démocrates. Les démocrates avaient dit qu’ils ne renouvelleraient pas les programmes de surveillance expirés à moins que Trump ne retire la nomination de Pulte.
Le rôle de Pulte avait déjà suscité des critiques de la part de parlementaires des deux partis, qui ont remis en question son manque d’expérience dans le renseignement. Cette résistance a en pratique poussé Trump vers Clayton, dont la nomination avait avancé rapidement en raison des inquiétudes liées à l’interruption de la surveillance. Le Senate Intelligence Committee devait voter sur la nomination de Clayton dès jeudi.
Le sénateur Mark Warner, de Virginie, principal démocrate au Senate Intelligence Committee, a fortement critiqué Pulte lors d’une apparition dimanche dans “Face the Nation with Margaret Brennan.” Warner a déclaré que les responsables du renseignement se montraient réticents à partager des informations avec Pulte et que des gouvernements étrangers avaient exprimé des préoccupations.
Clayton est actuellement le procureur des États-Unis pour le district sud de New York, un bureau de premier plan connu pour ses poursuites en matière de criminalité en col blanc et de délits financiers. Il a auparavant dirigé la Securities and Exchange Commission durant la première administration de Trump après une carrière chez Sullivan & Cromwell.
Trump a également dit qu’il ne voulait pas retirer Clayton de son poste de procureur des États-Unis avant que le remplaçant de Clayton, Jamie McDonald, ne soit approuvé. Le prochain test sera de savoir si le Congrès avance sur les mesures concernant la surveillance et le vote, ou si la nomination de Clayton reste bloquée pendant que Pulte demeure à la tête par intérim du renseignement.
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