Trump a nommé le directeur de la FHFA, Bill Pulte, directeur par intérim du renseignement et veut qu’il commence à réduire l’office, intensifiant les questions sur ses qualifications.
La décision du président Donald Trump d’installer le directeur de la Federal Housing Finance Agency, Bill Pulte, comme directeur par intérim du renseignement national est rapidement devenue un débat sur la question de savoir si un gestionnaire de confiance peut diriger un poste sensible de la sécurité nationale sans expérience du renseignement.
Pulte remplace la directrice sortante du Director of National Intelligence Tulsi Gabbard à titre intérimaire tout en continuant de diriger la FHFA, le régulateur du financement du logement qui supervise Fannie Mae et Freddie Mac. Trump a déclaré que Pulte ne serait pas le choix permanent, mais il veut aussi qu’il commence à réduire l’Office of the Director of National Intelligence, qui coordonne 18 U.S. intelligence agencies, dont la CIA et la National Security Agency.
Le président a présenté le rôle temporaire de Pulte comme partie d’un effort plus large visant à réduire ce qu’il considère être une bureaucratie du renseignement gonflée. Dans un message sur Truth Social annonçant sa désignation, Trump a loué le travail de Pulte à la tête du système de financement du logement et a dit qu’il avait géré «the most sensitive matters in America.» Trump a dit plus tard au Wall Street Journal qu’il voulait un bureau plus petit et qu’il voulait que Pulte «start the process» de réduction des effectifs.
Trump a dit aux journalistes à la Maison-Blanche que Pulte était «somebody just to take it over for a little while» et a affirmé qu’il interviewait des candidats pour le poste permanent. Interrogé sur les raisons pour lesquelles Pulte convenait au poste, Trump a évoqué son intelligence et sa capacité à s’adapter rapidement, en précisant que la mission serait de courte durée.
Les partisans de la décision ont mis en avant la volonté de Pulte de s’attaquer à la bureaucratie et d’exécuter l’agenda de Trump plutôt que tout CV traditionnel en matière de renseignement. Le sénateur Tom Cotton, républicain de l’Arkansas et président du Senate Intelligence Committee, a soutenu la poussée en faveur de réductions, arguant que l’ODNI s’était étendu au‑delà de la mission que le Congrès entendait en créant ce bureau après les attentats du 11 septembre.
La représentante Anna Paulina Luna, républicaine de Floride, a également défendu le choix, disant que Trump avait besoin de quelqu’un qui n’entraverait pas les efforts de déclassification et qui aiderait à retrouver des documents. Le directeur de la communication de la Maison-Blanche, Steven Cheung, a qualifié Pulte de «great American and Patriot» qui défendrait l’agenda de Trump.
La nomination a suscité de vives critiques de la part de parlementaires qui estiment que le poste de director of national intelligence n’est pas un lieu d’apprentissage sur le tas. L’ancien chef des républicains au Sénat Mitch McConnell a déclaré que quiconque exerçant ce rôle doit posséder «the extensive national security experience required by statute,» ajoutant qu’aucun candidat ne répondant à cette norme ne recevrait son vote.
Le vice-président du Senate Intelligence Committee, Mark Warner, démocrate de Virginie, a dit que la préoccupation ne portait pas seulement sur le manque d’expérience de Pulte, mais sur la question de savoir si la Maison-Blanche voulait quelqu’un qui fournirait «the narrative it wants, not the intelligence we need.» Le représentant Brian Fitzpatrick, républicain de Pennsylvanie et ancien agent du FBI qui préside la CIA Subcommittee du House Intelligence Committee, a été plus direct : «He shouldn’t be there,» a déclaré Fitzpatrick. «He’s got no background in intelligence.»
Le leader de la majorité au Sénat, John Thune, républicain du Dakota du Sud, a aussi remis en question la nomination, affirmant que le pays a besoin de professionnels au poste de DNI plutôt que d’un bureau «weaponized». Le leader de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, démocrate de New York, a qualifié Pulte de «a partisan thug with no experience in intelligence.»
Pulte est entré en politique après être devenu connu comme petit‑fils du fondateur de PulteGroup et pour des campagnes philanthropiques sur les réseaux sociaux qui distribuaient de l’argent en ligne. À la FHFA, il a également été impliqué dans des renvois politiquement chargés, y compris des allégations présumées de fraude hypothécaire impliquant la procureure générale de New York Letitia James et la gouverneure de la Réserve fédérale Lisa Cook. James et Cook ont nié toute mauvaise conduite ; l’acte d’accusation contre James a été rejeté après qu’un juge a conclu que le procureur américain impliqué dans l’affaire avait été invalablement nommé, et Cook est demeurée à la Fed pendant que la Cour suprême examine si Trump peut la révoquer.
L’arrivée de Pulte fait suite à des tensions publiques entre Trump et Gabbard, qui quittera le rôle le June 30. L’évaluation de Gabbard selon laquelle l’Iran ne construisait pas d’arme nucléaire est devenue un point de controverse avec Trump alors que son administration se rapprochait d’une action militaire contre Téhéran.
La question immédiate est désormais de savoir jusqu’où Pulte ira en matière d’effectifs et de restructuration avant que Trump ne nomme un directeur permanent du renseignement. Trump a dit qu’il avait plusieurs entrevues en cours, mais la nomination par intérim confère à Pulte un rôle central pour façonner le bureau avant l’arrivée d’un candidat confirmé par le Sénat.
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