L’indicateur d’inflation préféré de la Federal Reserve a atteint 3,8 % en avril, son plus haut depuis mai 2023, compliquant les débuts de Kevin Warsh à la tête de la banque centrale.
L’indicateur d’inflation préféré de la Federal Reserve a accéléré en avril, atteignant son plus haut niveau en près de trois ans, et pose un test immédiat au nouveau chef de la Federal Reserve, Kevin Warsh, alors que les pressions sur les prix reprennent et que les espoirs d’une baisse des taux s’affaiblissent.
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) a augmenté à un rythme annuel de 3,8 % le mois dernier, a indiqué jeudi le Commerce Department. C’est en hausse par rapport à 3,5 % en mars et 2,8 % en février, et constitue la lecture la plus élevée depuis mai 2023.
Ce rapport importe parce que le PCE est la mesure de l’inflation sur laquelle les responsables de la Federal Reserve s’appuient le plus étroitement pour fixer la politique des taux d’intérêt. L’augmentation d’avril a été en partie provoquée par la hausse des coûts de l’énergie, le contexte inflationniste plus large étant compliqué par l’impact de la guerre en Iran sur les prix des carburants.
La lecture était légèrement inférieure au taux d’inflation annuel de 3,9 % que les économistes sondés par FactSet avaient prévu. Le Core PCE, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, a augmenté de 3,3 % sur un an, en ligne avec les prévisions.
Toutefois, la trajectoire est délicate pour Warsh, qui prend ses fonctions après sa confirmation par le Sénat cette semaine et a promis un «regime change» à la banque centrale. Plus tôt cette année, la Fed avait prévu une baisse des taux en 2026, mais les économistes cités dans le matériau source estiment désormais que ce scénario est moins probable après le saut des coûts du carburant.
Le président Donald Trump a poussé la banque centrale à abaisser le coût d’emprunt pour les consommateurs et les entreprises, arguant que des crédits moins chers soutiendraient la croissance. Les nouvelles données sur l’inflation vont dans le sens inverse, laissant moins de marge de manœuvre aux décideurs s’ils jugent que les hausses de prix deviennent plus persistantes.
L’énergie a connu la plus forte hausse en avril, mais les chiffres du Commerce Department ont également montré des gains de prix dans le logement et les services publics, les services de loisirs et la restauration. Heather Long, économiste en chef chez Navy Federal Credit Union, a écrit sur les réseaux sociaux que le chiffre global, légèrement meilleur que prévu, offrait «little comfort on Main Street» parce que l’inflation reste proche d’un sommet de trois ans et érode les gains salariaux.
Les signaux sur le marché obligataire sont aussi devenus plus hawkish. Ed Yardeni, président de Yardeni Research, a déclaré que les investisseurs semblent estimer que la Fed est en retard, en pointant le rendement du 2-year Treasury qui se négocie au-dessus du federal funds rate. «The market is signaling that the current FFR is too low to curb inflation and may have to be hiked,» a écrit Yardeni dans une note adressée à ses clients.
La tarification du marché a évolué en conséquence. CBS a cité des données de CME FedWatch montrant une probabilité de 40 % d’une hausse des taux lors de la réunion de la Fed en décembre, contre 3 % pour la réunion de juin. CNBC a par ailleurs rapporté que les négociants sur les Fed funds futures n’anticipaient aucune baisse des taux pour le reste de l’année.
Les chiffres cités dans le matériau source renvoient à différents repères : l’inflation PCE d’avril a été signalée à 3,8 %, les économistes attendaient 3,9 % et l’objectif d’inflation à long terme de la Fed reste de 2 %. Le prochain test pour Warsh sera de savoir si les décideurs vont simplement abandonner leur biais en faveur d’un assouplissement ou signaler une plus grande disposition à resserrer si l’inflation continue de monter.
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