Les réponses écrites de Kevin Warsh au Sénat suggèrent qu’il voit l’indépendance de la Fed de façon plus limitée en matière de finance internationale, alors que les demandes de lignes de swap sont scrutées.
WASHINGTON — Le candidat à la présidence de la Federal Reserve, Kevin Warsh, a laissé entendre dans des réponses écrites adressées aux démocrates du Sénat que l’indépendance statutaire de la banque centrale ne s’étendrait peut‑être pas entièrement à la finance internationale, une position qui pourrait avoir de l’importance alors que des gouvernements étrangers cherchent à obtenir l’accès aux swap lines en dollars américains.
La question est devenue centrale dans le processus de confirmation de Warsh après que le Treasury Secretary Scott Bessent a déclaré que les United Arab Emirates avaient récemment demandé une swap line aux États‑Unis. De tels arrangements sont généralement gérés par la Fed et peuvent donner aux banques centrales étrangères un accès aux dollars pendant des périodes de tension sur les marchés.
La sénatrice Elizabeth Warren, D‑Mass., a demandé à Warsh si la Fed pouvait refuser une demande du Treasury Department visant à étendre une swap line à un pays particulier et si elle devait consulter le Treasury Department lorsqu’elle ouvre ou ferme de telles facilités. Warsh n’a pas nommé directement les swap lines dans sa réponse, mais a distingué la politique monétaire d’autres domaines du travail de la Fed.
« Fed independence is at its peak in the operational conduct of monetary policy, » a écrit Warsh, en faisant référence aux décisions de taux d’intérêt. Il a ajouté que les responsables de la Fed « are not entitled to the same special deference in areas affecting international finance, among other matters, » et a indiqué que la Fed travaillerait avec l’administration et le Congrès sur ces questions.
Warsh a refusé de préciser ses propos lorsqu’on l’a interrogé à ce sujet. Le Treasury Department et la Fed ont également refusé de commenter, selon le rapport.
Les swap lines peuvent avoir à la fois une portée financière et diplomatique. La Fed les a utilisés pendant la crise financière de 2007‑2008 pour aider les grandes économies développées à maintenir l’accès aux dollars lors d’un resserrement de la liquidité. La banque centrale traite généralement ces facilités comme des outils de fonctionnement des marchés, et non comme de l’aide étrangère, bien que l’accès à celles‑ci soit limité et puisse être perçu comme un signe de stature financière.
Le Treasury Department dispose aussi de l’autorité d’utiliser des swap lines. Bessent a accordé l’année dernière à Argentina l’accès à une swap line du Treasury Department lors de pressions sur le peso, mais le rapport note qu’une telle utilisation signale une crise urgente, une condition qui ne touche pas actuellement les UAE ou d’autres pays évoqués dans les discussions récentes.
Le Senate Banking Committee a voté mercredi selon les lignes partisanes pour transmettre la nomination de Warsh à l’ensemble du Sénat. Les démocrates du Sénat ont publié ses réponses écrites mardi; une personne familière du dossier a dit qu’elles avaient été remises au comité le 23 avril, deux jours après son audition de confirmation.
Les réponses de Warsh ont aussi abordé d’autres questions sensibles. Il a nié tout lien avec Jeffrey Epstein après que Warren a demandé à propos de l’apparition de son nom dans des dossiers liés à Epstein évoquant un possible rassemblement à St. Barth’s en 2010. Warsh a dit qu’il était à St. Barts mais qu’il n’avait pas rencontré Epstein ni Ghislaine Maxwell.
Warsh a également écrit qu’il respecte le travail des inspectors general, une réponse qui intervient alors qu’une enquête fédérale sur des dépassements de coûts dans les rénovations de bâtiments de la Fed devrait laisser place à un examen par l’inspector general de la Fed. L’épreuve suivante pour Warsh est le vote du Sénat en séance plénière, où ses remarques sur les limites de l’indépendance de la Fed devraient rester au cœur des débats de confirmation.
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